Lesfinances.fr
Accueil > Entreprise > Placements de trésorerie d'entreprise

Placement de trésorerie d’entreprise : quelles solutions ?

Article rédigé par Ludovic Chaput. Dernière mise à jour le 7 décembre 2021.

Quelle que soit leur taille, les entreprises disposant d'excédents de trésorerie ont intérêt à placer cet argent afin de rémunérer ce capital non utilisé, ne serait-ce que pour se couvrir (en partie) contre l’inflation. Il existe plusieurs placements pour investir ses excédents de trésorerie. Le choix de s’orienter vers un dispositif plutôt qu’un autre dépend des objectifs de l’entrepreneur.

Dans cet article, nous présentons les meilleurs placements pour sécuriser un excédent de trésorerie sur le court ou moyen long terme. Et nous détaillons également les possibilités qui s’offrent aux entrepreneurs pour faire de leur société un outil à part entière pour organiser et développer leur patrimoine. Dans ce dernier cas, nous évoquerons l’intérêt que peut représenter le montage d’une holding venant chapeauter la société exploitée. Nous verrons également qu’il n’est pas toujours judicieux de détenir des investissements via sa société. L’investissement en direct, c’est-à-dire en qualité de personne physique, comporte des avantages spécifiques.

Placement de trésorerie d'entreprise

Avant de placer sa trésorerie, il est essentiel de définir les objectifs de ce placement. On distingue le cas le plus courant des entrepreneurs souhaitant obtenir une rémunération de leur excédent de trésorerie sur un placement sécurisé (cas présenté ci-dessous), de celui des entrepreneurs souhaitant mettre en place une véritable stratégie d’investissement patrimoniale à long terme (cet aspect est développé plus loin dans l’article). Les entrepreneurs peuvent également poursuivre ces 2 objectifs en parallèle.

Comment placer de façon sécurisée sa trésorerie d’entreprise à court et moyen terme ?

Certaines entreprises ont un fonds de roulement largement positif. De fait, la trésorerie affiche un niveau d’encours élevé. Le capital qui s’accumule en cours d’année et n’a pas vocation à être réinvesti pour le développement de l’entreprise est souvent versé aux actionnaires. La décision de verser un dividende aux actionnaires est généralement prise lors de l’assemblée générale à l’occasion de l’approbation des comptes (cas d’une entreprise avec plusieurs associés), laquelle survient après chaque exercice comptable.

Avant cela, le capital s’accumule sur le compte courant, il est opportun de diriger cet excédent vers un placement rémunérateur. Il y a encore quelques années, les encours détenus sur le compte courant étaient rémunérés dans certains établissements bancaires. En raison de la baisse des taux, ce n’est plus le cas. Pour investir avec un horizon de quelques mois/trimestres sur un placement sans risque, les entrepreneurs peuvent se tourner vers les comptes à terme (CAT). On en parle plus bas.

En pratique, si une entreprise clôt ses comptes le 31 décembre de l’année N-1. Le comptable fournit le bilan annuel des comptes dans le courant du 1er trimestre de l’année N. L’approbation des comptes et la décision de verser un dividende n'interviennent alors qu’aux alentours du mois de mars. L’excédent de trésorerie constitué en début d’année sur le début du nouvel exercice n’est pas distribuable avant l’approbation des comptes en année N+1. Du fait de ce décalage entre la clôture des comptes et la distribution des dividendes, la trésorerie de l’entreprise ne descend jamais en dessous de l’excédent amassé sur le premier trimestre de l’année.

En pratique, cet excédent peut donc être investi non pas sur 12 mois mais sur un horizon d’investissement beaucoup plus long. L’entrepreneur peut donc placer cet excédent sur des comptes à terme avec un horizon à 5 ans et davantage. Quel avantage à cela ? Plus la maturité d’un compte à terme est longue, meilleur est son taux de rémunération. Les comptes à terme sont des placements sécurisés, en cas de difficulté économique ou de nouveaux projets de développement, l’entrepreneur pourra toujours récupérer ce capital et financer les dépenses de son entreprise. Voyons plus en détail les caractéristiques des comptes à terme.

Les comptes à terme

Le taux de rémunération des comptes à terme (CAT) est fixé à la souscription pour l’ensemble de la période d’investissement. L’investisseur s’engage à placer son argent sur une durée déterminée au moment de la souscription (quelques mois à plusieurs années selon le compte à terme). Et il reste possible de réaliser un retrait avant le terme.

Mais en cas de retrait anticipé (avant le terme), le taux de rémunération convenu à la souscription est perdu, ou tout du moins fortement minoré. Les conditions du contrat précisent le taux obtenu en cas de retrait avant le terme.

Pour parer à toute éventualité, et dans l’hypothèse où vous seriez amené à récupérer une partie de l’argent placé sur un CAT avant le terme, il est intéressant d’ouvrir plusieurs CAT en parallèle. Cette démarche est généralement proposée par les courtiers.

Par exemple, si vous avez 100 000 euros à placer, vous pouvez ouvrir 5 CAT de 20 000 euros. Dans le cas où vous auriez besoin de 15 000 euros pour couvrir une dépense imprévue, vous pourrez ne mobiliser qu’un seul des 5 CAT ouverts.

Le taux de rémunération des CAT est tombé à des niveaux très faibles ces dernières années. Même la plupart des comptes à terme avec un horizon de placement à 5 ans ne délivrent pas de taux supérieurs à 1 % brut. Les CAT avec un horizon de quelques mois (3, 6, 9 mois) délivrent des rendements inférieurs à 0,50 %. De fait, beaucoup d’entrepreneurs ne se donnent plus la peine de placer les excédents de trésorerie. Toutefois, les comptes à terme restent toutefois pertinents si vous avez de grosses sommes à placer. Un capital de 100 000 euros placés sur un CAT délivrant un taux de 0,80 % rapporte 800 euros bruts par an. Un gain appréciable quand on sait que l’ouverture d’un compte à terme se fait très facilement.

Mettre en place une stratégie d’investissement patrimoniale

Les bénéfices réalisés par une entreprise peuvent être alloués de plusieurs façons. Les utilisations les plus courantes des bénéfices sont :

  • le financement du développement de la société,
  • le contrôle du levier de l’entreprise, avec la possibilité de diminuer le ratio dette/fonds propre en cas d’endettement excessif,
  • la rémunération des actionnaires (le bénéfice est distribué sous forme de dividendes).

Certains entrepreneurs entrevoient un autre usage pour les bénéfices : l’investissement dans des actifs sans lien avec l’activité économique de l’entreprise, dans une optique de diversification patrimoniale. Nous souhaitons ici mettre en garde les lecteurs sur les limites et les risques d’une telle initiative. Nous verrons également plus loin comment une holding patrimoniale peut apporter une réponse efficace à ces limites. Mais avant cela, il faut comprendre d’où peut venir cette idée de développer et de gérer son patrimoine au travers de sa société.

La réponse la plus évidente est d’ordre fiscal. Un entrepreneur souhaitant investir en qualité de personne physique les bénéfices réalisés par sa société doit d’abord se distribuer lesdits bénéfices sous forme de dividendes. Ce qui implique une imposition des revenus distribués. Le mode d’imposition par défaut est le prélèvement forfaitaire unique (PFU) dont le taux est actuellement de 30 %, et davantage si l’entrepreneur est soumis à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR). Si l’entreprise a réalisé un bénéfice après impôt sur les sociétés de 200 000 euros et que l’entrepreneur seul actionnaire décide de se distribuer un dividende, il ne lui restera que 140 000 euros à investir après impôt. Dès lors, il peut être tentant d’investir via la société, puisque dans ce cas la somme investissable est de 200 000 euros.

Voyons les problèmes que peut poser l’investissement en direct via la société.

Patrimoine personnel et professionnel

Dans le cas d’une SARL ou d’une SAS, les risques financiers pris par l’entrepreneur sont limités aux apports (le capital social apporté lors de la constitution de la société et des éventuels apports ultérieurs). Ce qui signifie qu’en cas de faillite, la perte ne peut être supérieure à ces apports. Si l’entrepreneur fait le choix de développer son patrimoine via sa société plutôt qu’en nom propre, dans le cas où l’entreprise rencontrerait des difficultés économiques, les investissements réalisés ne sont pas protégés. Par exemple, en cas de liquidation judiciaire, les placements peuvent être débouclés pour payer les fournisseurs et autres dettes. De ce point de vue, on comprend donc que le principe d’investir via sa société dans une optique de diversification patrimoniale n’est pas une bonne idée, et qu’il est plus sécurisant de sortir les bénéfices de la société et les investir en nom propre.

Un autre inconvénient existe dans le cas où l’entreprise est détenue par plusieurs associés. La gestion et la diversification d’un patrimoine est généralement propre à chacun. Tous les épargnants n’ont pas les mêmes objectifs financiers ni la même appétence pour telle ou telle classe d’actifs. Certains préfèrent l’immobilier, d’autres sont plus portés sur les marchés actions. Et pour une même classe d’actifs, prenons le cas de l’immobilier, certains préféreront l’investissement en direct dans des biens, d’autres les SCPI, d’autres encore privilégieront les SIIC, etc. Investir via une société avec plusieurs associés est difficilement compatible avec l’idée de personnalisation de l’allocation patrimoniale. Cette allocation doit d’ailleurs tenir compte des actifs détenus en dehors de la société, lesquels varient selon les associés. Un associé déjà fortement investi en immobilier à titre personnel souhaitera certainement privilégier l’investissement en fonds actions au sein de la société pour équilibrer son patrimoine, ce qui ne sera pas forcément du goût des autres associés.

Pour contourner les problèmes cités précédemment, il existe une solution : la holding. L’associé pourra faire remonter le dividende de la société exploitée vers sa société holding (avec une fiscalité quasiment nulle à cette occasion) et ainsi investir dans une entité (la holding) juridiquement bien séparée de la société exploitée. Chaque associé peut détenir sa propre holding avec 100 % des parts. Nous revenons plus en détails sur les atouts de la holding dans la dernière partie de cet article.

Les entrepreneurs souhaitant investir via leur entreprise, société exploitée ou holding, (en qualité de personne morale) disposent de plusieurs types de dispositifs leur permettant d’investir à long terme sur des actifs performants. Nous présentons ci-dessous le compte-titres et le contrat de capitalisation. Nous traiterons également plus bas le cas de l’investissement immobilier. Il peut concerner d’immobilier professionnel ou de l’immobilier de diversification dans une optique patrimoniale (immobilier sans lien avec l’entreprise exploitée).

Le compte-titres ordinaire personne morale

Le compte-titres ordinaire est le dispositif par défaut pour investir en bourse, que ce soit sur des actions cotées, des fonds d’investissement, des obligations (le plus souvent via des fonds obligataires), et encore des produits dérivés, etc.

Note au sujet des produits dérivés : il ne s’agit pas seulement d’outils spéculatifs. Au contraire, originellement les produits dérivés servent à sécuriser l’activité économique des entreprises. Par exemple, ils sont utilisés par certaines entreprises pour se couvrir contre le risque de change afin de sécuriser le coût de revient de leurs dépenses réalisées auprès de fournisseurs dont les factures sont libellées en devise étrangère. Les produits dérivés permettent également de se couvrir contre le risque de hausse (ou risque de baisse si l’entreprise est vendeuse) du coût des matières premières (énergie, métaux, denrée alimentaire, etc.).

Dans le cadre d’une stratégie de diversification patrimoniale, ce sont les actions et les fonds d’investissement qui intéressent généralement les investisseurs.

Les dividendes et les intérêts perçus sur le compte-titres sont imposés à l’impôt sur les sociétés.

Plus surprenant : les plus-values latentes réalisées sur des fonds/OPCVM sont également imposables à l’impôt sur les sociétés, à l’exception des fonds/OPCVM composés à plus de 90 % d’entreprises de l’Union Européenne (source : BOFiP). Les plus-values latentes sont constatées à la fin de chaque exercice fiscal (écart entre la valorisation courante et la valeur d’achat ou la valorisation calculée à la clôture du précédent exercice). Les plus-values latentes sont imposées à l’impôt sur les sociétés. Cette disposition fiscale est un inconvénient majeur pour les entrepreneurs investissant via leur société.

Sur ce point, l’investissement sur un CTO en tant que personne physique est bien plus avantageux puisque les plus-values latentes ne sont pas fiscalisées. Les investisseurs en phase de constitution d’un patrimoine peuvent d’ailleurs opter pour des fonds capitalisants (lire notre article sur les ETF capitalisants). De cette façon, les dividendes sont automatiquement réinvestis par le fonds, les actionnaires n’ont pas de dividendes à déclarer et ne subissent donc pas d’imposition. Cette absence de frottement fiscal est un réel avantage.

Mieux encore, les personnes physiques résidant en France peuvent également investir en bourse avec le plan d’épargne en actions (PEA). Ce dispositif est très avantageux fiscalement (lire notre article sur le fonctionnement du PEA et les meilleurs courtiers). Les personnes morales ne peuvent pas ouvrir de PEA. Là encore, c’est un avantage au profit de l’investissement en direct (en tant que personne physique) plutôt que via une société.

Le PEA fonctionne comme une enveloppe capitalisante au sein de laquelle l’investisseur peut soit détenir des liquidités, soit des actions et/ou des fonds actions. Seules les actions européennes sont éligibles au PEA. En pratique, il est possible de contourner cette limitation en investissant, on peut ainsi investir sur les marchés actions mondiaux et américains via des fonds synthétiques. Un des points forts de ce dispositif est que les gains réalisés au sein de l’enveloppe ne sont pas imposés tant que l’argent reste dans l’enveloppe.

Les entreprises ont également accès à un dispositif d’épargne fonctionnant comme une enveloppe capitalisante et permettant d’échapper à une imposition des plus-values latentes : le contrat de capitalisation.

Le contrat de capitalisation

Le contrat de capitalisation est un dispositif d’investissement aussi bien accessible aux personnes physiques qu’aux personnes morales. Il présente plusieurs avantages comparativement au CTO pour les entreprises, notamment l'absence d'imposition des PV latentes. Mieux encore, les gains réalisés au sein du contrat, même en cas de plus-values matérialisées par la cession d’une action ou d’un fonds ne sont pas imposés tant que l’argent reste dans le contrat. À la sortie du contrat, les gains sont imposés à l’impôt sur les sociétés.

Dans le détail, les personnes morales détentrices d’un contrat de capitalisation supportent tout de même une petite imposition en l’absence de retrait sur le contrat. Une taxation forfaitaire indépendante de la valorisation du contrat est appliquée chaque année. Son assiette est basée sur le total des versements (minoré des retraits) et le taux appliqué correspond à 105 % du TME (taux moyen d’emprunt d’État). Bonne nouvelle pour les investisseurs, le TME est tombé à des niveaux proches de zéro, il est même passé en territoire négatif courant 2021. Dans ce cas, il n’y a pas d’imposition forfaitaire annuelle. Le TME retenu pour le calcul de la taxation forfaitaire tout au long de la vie du contrat est celui en vigueur au moment de la souscription du contrat. C’est donc le bon moment pour ouvrir un contrat de capitalisation.

Le contrat de capitalisation permet de loger un grand nombre de supports d’investissement :

  • fonds d’investissement en actions, titres vifs,
  • fonds obligataires, fonds monétaires,
  • immobilier papier au format SCPI ou SCI,
  • etc.

Les personnes physiques peuvent également loger des fonds euros (placement sécurisé) dans un contrat de capitalisation. En revanche, ils sont difficilement accessibles aux personnes morales, les assureurs sont très restrictifs sur ce point du côté des entreprises.

Un des inconvénients du contrat de capitalisation est qu’il supporte des frais de gestion sur les supports. Les meilleurs contrats de capitalisation appliquent des frais de gestion annuels de l’ordre de 0,50 à 0,60 % sur l’encours. Les comptes-titres n’ont pas de frais de gestion.

Immobilier professionnel et patrimonial

L’immobilier est l’une des classes d’actifs préférées des Français. Les entrepreneurs partagent cette même appétence. Ils sont nombreux à développer leur patrimoine en investissant dans l’immobilier.

De nombreux entrepreneurs font le choix de devenir propriétaires du foncier occupé par la société qu’ils exploitent. Il s’agit d’une opération intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord, l’entrepreneur se couvre sur le long terme contre la hausse du prix des loyers. En achetant les murs de son activité, il devient d’une certaine façon son propre locataire. Ce qui est plus rassurant que d’être le bailleur d’une société tierce ou d’un locataire particulier dont on ne connaît pas dans le détail la solidité financière à moyen/long terme.

Les entrepreneurs avisés ont intérêt à séparer l’entité juridique détenant l’immobilier de l’entreprise exploitée. En effet, en cas de faillite de la seconde, l’entrepreneur reste propriétaire des murs qu’il peut continuer à exploiter en lançant une nouvelle entreprise, ou mettre en location. Ainsi, l’entrepreneur peut réaliser l’acquisition des murs via une SCI montée en parallèle. Cette SCI peut être détenue via une holding détenant également la société exploitée (voir plus bas les avantages de la holding).

Idéalement, l’acquisition du foncier peut se faire via le levier de la dette. Les taux d’emprunt sont à des niveaux planchers. Et les intérêts d'emprunt sont déductibles du résultat imposable de la SCI.

L’entrepreneur peut également investir dans des biens immobiliers sans lien avec l’activité économique de son entreprise. Là encore, on ne saurait trop recommander de cloisonner ces investissements immobiliers et l’entreprise exploitée.

Holding : organiser son patrimoine professionnel et ses investissements

Comme nous l’avons évoqué précédemment, il est dans l’intérêt de l’entrepreneur de cloisonner ses investissements (patrimoine personnel) et son entreprise. Ce qui implique de sortir le bénéfice de la société avant de le réinvestir. Or, la distribution du dividende à l’actionnaire implique une imposition de ce dernier au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (la fameuse flat tax en vigueur depuis le 1er janvier 2018).

Constituer une holding permet d’échapper à cette imposition. En mettant en place une opération d’apport-cession des titres de la société exploitée à une holding, avec un régime mère-fille entre les 2 structures, l’entrepreneur aura la possibilité de faire remonter les dividendes depuis la société exploitée (entité fille) vers la holding (entité mère) avec un frottement fiscal quasiment nul. En effet, dans le cadre d’un régime mère-fille, la société mère bénéficie d’un abattement de 95 % sur l’assiette taxable du dividende. L’imposition effective, avec un taux d’IS réduit à 15 % (taux jusqu’à 38 120 euros de bénéfice), est donc de 0,75 %.

La holding peut alors investir sur un compte-titres, un contrat de capitalisation, ou bien encore dans l’immobilier physique ou papier (SCPI) via une société civile immobilière qui pourra être une société fille de la holding mère.

Pour autant, la holding ne doit pas être envisagée dans la seule intention de limiter son imposition. Le montage pourrait alors être retoqué en cas de contrôle de l’administration fiscale. Une holding doit s’inscrire (et se justifie) dans un schéma beaucoup plus large :

  • réinvestir les dividendes et/ou le produit de la cession d’une entreprise fille dans d’autres activités économiques,
  • mutualiser les fonctions décisionnelles de plusieurs sociétés,
  • organiser et simplifier sa succession,
  • etc.

Il est vivement conseillé de se faire aider d’un conseiller en gestion de patrimoine afin d’évaluer l’intérêt de monter une holding.

Sachez par ailleurs que le seul objectif d’éviter le prélèvement forfaitaire unique est inutilement complexe voire contre-productif. En effet, le PFU offre actuellement un niveau d’imposition beaucoup plus intéressant que celui précédemment en vigueur pour sortir des dividendes de sa société. Nul ne sait combien de temps ce régime sera en place. Certains entrepreneurs ont d’ailleurs profité de l’instauration du PFU pour sortir des capitaux de leur société.

Or, les entrepreneurs ayant l’objectif de consommer leur épargne, que ce soit pour financer l’achat d’ une résidence secondaire, de beaux voyages, ou aider leurs enfants et leurs proches, auront à un moment donné la nécessité de sortir l’argent de leur société. À ce titre, autant le faire dès maintenant avec un cadre fiscal non confiscatoire.

D’ailleurs, que l’imposition au PFU intervienne dès maintenant ou dans quelques années est neutre d’un point de vue de la performance nette et du capital disponible à horizon. Pis encore, nous avons vu que les personnes physiques disposent d’une fiscalité plus avantageuse, notamment avec le PEA et la non-imposition des plus-values latentes sur le CTO.

Dans quel(s) cas la holding est-elle intéressante ?

La holding peut se justifier dans les cas suivants (liste non exhaustive) :

  • des revenus d’entrepreneuriat très supérieurs aux besoins courants et non courants de l’entrepreneur,
  • la volonté de transmettre un patrimoine financier et professionnel (transgénérationnel) dans un cadre légal simplifié : les héritiers héritent (ou bénéficient de donations) de parts, ce qui facilite le partage,
  • l’entrepreneur peut revendre une entreprise et financer l’acquisition d’une autre entreprise de valeur semblable, cela en bénéficiant du report d’imposition,
  • l’entrepreneur dispose de marges de manœuvre plus grandes pour lancer de nouvelles activités, disposer de ressources financières plus importantes et obtenir des lignes de crédit plus facilement.
  • etc.

Les motivations sont souvent multiples.

Sur le plan juridique et administratif, une holding est une entreprise comme une autre. Elle implique des frais de fonctionnement (comptabilité, compte en banque, cotisations, etc.) et nécessite du temps pour sa gestion. Le montage d’une holding ne se justifie que si les montants en jeu sont significatifs.

Conclusion

Pour conclure, les entrepreneurs souhaitant simplement placer leurs excédents de trésorerie peuvent se tourner vers les comptes à terme. Ce sont des placements sécurisés avec une durée d’investissement et un taux de rémunération définis à la souscription. Et il est toujours possible de clôturer avant échéance en cas de besoin dans l’entreprise.

Quant aux entrepreneurs souhaitant investir directement via leur société, cette option étant risquée, il est vivement recommandé de cloisonner les actifs professionnels et les actifs patrimoniaux. Une solution pour cloisonner ces actifs tout en évitant une imposition au prélèvement forfaitaire unique est de mettre en place une holding venant chapeauter les société exploitée, notamment avec le régime mère-fille. Toutefois, le montage d’une holding est une opération coûteuse et contraignante. Comme nous l’avons expliqué, ce schéma doit répondre à des objectifs beaucoup plus vastes que la simple question de la fiscalité des revenus de placement.

En France, les personnes physiques ont accès à divers dispositifs proposant une fiscalité attractive pour développer leur patrimoine, préparer leur retraite, etc. En cas de doute, un conseiller en gestion de patrimoine pourra vous orienter vers les dispositifs adéquats au regard de votre situation professionnelle et patrimoniale.