Il n’existe pas une solution unique pour optimiser vos finances. Chacun poursuit des objectifs différents, dans sa vie personnelle comme professionnelle.
Acheter une voiture dans 12 mois, constituer un apport pour sa résidence principale dans 4 ans, financer les études de ses enfants dans 10 ans ou préparer sa retraite dans 25 ans : ces projets n’ont aucune raison d’être financés avec les mêmes placements.
Il existe une allocation du patrimoine adaptée à chaque projet.
La bonne nouvelle est qu’il n’est pas nécessaire de maîtriser des dizaines de placements pour prendre de bonnes décisions. Quelques principes simples permettent déjà d’éviter une grande partie des erreurs.
Nous en retenons trois :
- adaptez vos placements à vos objectifs et à votre horizon ;
- diversifiez vos actifs ;
- sélectionnez de bonnes enveloppes, de bons investissements et des intermédiaires compétitifs.
Ces règles paraissent élémentaires. Leur mise en œuvre fait pourtant une différence considérable sur vingt ou trente ans.
1. Adaptez vos placements à vos objectifs
Commencez par vos objectifs financiers
La première question à vous poser n’est pas « quel placement rapporte le plus ? », mais « quand aurai-je besoin de cet argent et à quoi servira-t-il ? »
Les nombreux placements disponibles répondent à des besoins différents : livrets, assurance vie, fonds en euros, fonds d’investissement, SCPI, plan d’épargne en actions (PEA), plan d’épargne retraite (PER), etc.
Vous n’avez d’ailleurs pas nécessairement un seul horizon d’investissement.
Vous pouvez simultanément posséder :
- 15 000 € d’épargne de précaution ;
- 40 000 € destinés à un apport immobilier dans quatre ans ;
- un portefeuille d’actions destiné à votre retraite dans vingt-cinq ans.
Chaque poche de votre patrimoine doit avoir un métier.
Le premier réflexe consiste donc à attribuer un objectif et un horizon à chacune d’elles.
| Horizon | Priorité | Risque acceptable | Placements à étudier |
|---|---|---|---|
| Précaution / très court terme | Disponibilité et sécurité | Très faible | Livret A, LDDS, LEP si éligible |
| 2 à 5 ans | Préserver la capacité à réaliser le projet | Faible | Livrets, fonds en euros et solutions prudentes selon la situation |
| 5 à 8 ans | Équilibre entre préservation du capital et rendement | Faible à modéré selon la flexibilité du projet | Fonds en euros, fonds obligataires et allocation diversifiée selon la situation |
| 8 ans et plus | Valorisation du capital à long terme | Modéré à élevé | Actions, ETF, immobilier et autres actifs diversifiés |
| Retraite lointaine | Capitalisation à très long terme | Modulable selon l’âge et le patrimoine | PEA, assurance vie, PER et immobilier selon la stratégie |
À court terme : disponibilité et sécurité avant rendement
L’argent dont vous pouvez avoir besoin rapidement doit rester disponible.
C’est notamment le cas de l’épargne de précaution : panne de voiture, chaudière à remplacer, dépense familiale imprévue ou baisse temporaire de revenus.
Deux qualités sont alors prioritaires :
- une disponibilité immédiate ;
- l’absence de risque de perte en capital.
Les livrets réglementés remplissent parfaitement cette fonction : Livret A, Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et Livret d’épargne populaire (LEP) pour les personnes qui y sont éligibles.
Vous pouvez consulter notre sélection des placements sans risque de perte en capital.
Chercher à maximiser le rendement de cette poche est souvent une fausse bonne idée.
Demander à son épargne de précaution de maximiser la performance revient à demander à un extincteur d’être rentable. Ce n’est pas son métier.
À moyen terme : protégez d’abord la réalisation du projet
On peut parler de moyen terme lorsque l’argent doit financer un projet dans quelques années : apport immobilier, travaux importants, études des enfants ou autre dépense prévisible.
La frontière n’est évidemment pas gravée dans le marbre. Un projet à trois ans et un projet à huit ans ne permettent pas de prendre exactement le même niveau de risque.
Le principe essentiel est le suivant : plus l’échéance se rapproche, moins vous pouvez vous permettre de dépendre d’un rebond des marchés.
Les livrets réglementés et les fonds en euros d’une assurance vie peuvent notamment jouer un rôle important pour cette épargne.
Selon l’horizon exact, la flexibilité du projet et votre situation, certaines solutions obligataires ou une allocation légèrement diversifiée peuvent également être envisagées.
En revanche, investir l’intégralité de l’apport destiné à votre résidence principale dans des actions deux ans avant l’achat est généralement une mauvaise idée. Si les marchés chutent de 30 % au mauvais moment, votre projet immobilier ne patientera pas nécessairement jusqu’au prochain cycle haussier.
À long terme : la volatilité devient plus acceptable
Un horizon de dix, vingt ou trente ans change profondément la donne.
L’argent n’a pas besoin d’être mobilisé rapidement. Vous pouvez donc accepter davantage de fluctuations en contrepartie d’une espérance de rendement plus élevée.
Les deux grandes classes d’actifs traditionnellement utilisées pour rechercher de la performance à long terme sont les actions et l’immobilier, en direct ou via des fonds comme les SCPI.
Pour les actions, les ETF (Exchange Traded Funds) ont considérablement simplifié l’investissement. Un seul ETF indiciel peut donner accès à plusieurs centaines d’entreprises et plusieurs pays. Notre guide consacré aux trackers et ETF explique leur fonctionnement.
Différentes enveloppes permettent ensuite de loger ces investissements : PEA, assurance vie, compte-titres ordinaire ou PER selon l’objectif.
Mais un horizon long n’efface pas le risque. Il permet simplement de mieux absorber les fluctuations temporaires.
Et puisque personne ne sait quelle classe d’actifs dominera les vingt prochaines années, nous arrivons naturellement au deuxième principe.
2. Diversifiez vos actifs
Rien n’est jamais certain quant à l’évolution de la valeur des actifs
De nombreux Français considèrent l’immobilier comme un placement sûr et incontournable.
Cette conviction est compréhensible après plusieurs décennies durant lesquelles les prix ont fortement progressé dans de nombreuses grandes villes. Pourtant, les plus anciens se souviennent que le marché immobilier parisien a connu une baisse importante pendant plusieurs années à partir du début des années 1990.
L’immobilier n’est pas une exception.
Actions américaines, actions européennes, obligations, immobilier, matières premières, or : toutes les grandes classes d’actifs connaissent des périodes fastes et des passages à vide.
Les entreprises les plus admirées peuvent décevoir. Les taux d’intérêt peuvent remonter. Un marché immobilier peut stagner pendant des années. Une région du monde autrefois dominante peut perdre du terrain.
Nous n’avons aucune boule de cristal.
La diversification ne vise donc pas à posséder à coup sûr le placement qui gagnera le plus. Elle sert surtout à éviter qu’une seule mauvaise hypothèse puisse faire chavirer votre patrimoine.
Diversifiez entre plusieurs classes d’actifs
Selon votre horizon et votre profil, un patrimoine peut associer :
- liquidités et livrets ;
- fonds en euros ;
- obligations ;
- actions ;
- immobilier ;
- éventuellement une petite poche d’or ou d’autres actifs de diversification.
La répartition dépend toujours du premier principe de cet article.
Un jeune actif disposant de revenus stables et investissant pour les trente prochaines années peut accepter une part importante d’actions.
Une personne ayant besoin de son capital dans trois ans doit au contraire donner beaucoup plus de poids aux placements sécurisés.
La diversification n’est donc pas une recette universelle. C’est une organisation des risques cohérente avec vos projets.
Diversifiez également à l’intérieur de chaque classe d’actifs
Posséder dix actions françaises n’est pas une diversification mondiale.
Votre portefeuille actions peut être réparti entre différentes régions, différents secteurs et des centaines d’entreprises. Les ETF mondiaux rendent cette diversification particulièrement simple.
La même logique s’applique à l’immobilier.
Un patrimoine composé presque exclusivement d’un appartement situé dans une seule ville reste très concentré, même si l’immobilier est une classe d’actifs différente des actions.
Les SCPI peuvent apporter une diversification immobilière supplémentaire en mutualisant les immeubles, les locataires et parfois les zones géographiques. Elles présentent néanmoins leurs propres risques et ne garantissent ni le capital ni la liquidité.
Diversifier ne signifie pas collectionner
Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Mais acheter vingt paniers identiques ne résout pas grand-chose.
Un investisseur peut par exemple posséder cinq ETF différents qui détiennent largement les mêmes grandes entreprises américaines. Le nombre de lignes augmente, mais la diversification réelle beaucoup moins.
Même constat avec plusieurs fonds immobiliers exposés aux mêmes secteurs et aux mêmes zones.
La bonne diversification réduit les concentrations. Elle ne consiste pas à multiplier les lignes sur un relevé.
Avant de chercher la performance, regardez le couple rendement-risque
Les deux premiers principes ont un point commun : ils obligent à réfléchir au risque avant de regarder le rendement.
Il n’existe généralement pas de rendement élevé durable sans contrepartie.
Lorsqu’un placement promet davantage, demandez-vous toujours ce que vous acceptez en échange :
- risque de perte en capital ;
- volatilité ;
- argent immobilisé ;
- risque de défaut de l’emprunteur ;
- concentration ;
- complexité ;
- ou combinaison de plusieurs de ces risques.
| Type de risque | Ce que cela signifie | Exemple |
|---|---|---|
| Volatilité | La valeur du placement peut fortement fluctuer à court terme. | Actions et ETF actions |
| Perte en capital | Vous pouvez récupérer moins que la somme investie. | Actions, immobilier, fonds obligataires selon les conditions de marché |
| Crédit | L’emprunteur peut rencontrer des difficultés à payer les intérêts ou rembourser sa dette. | Obligations d’entreprises |
| Liquidité | La revente peut être lente, difficile ou se faire à un prix défavorable. | Immobilier direct, certaines SCPI ou participations non cotées |
| Concentration | Une part excessive du patrimoine dépend d’un seul actif, secteur ou marché. | Un appartement représentant l’essentiel du patrimoine ou quelques actions seulement |
Votre capacité à prendre du risque et votre tolérance au risque sont différentes
Deux notions doivent être distinguées.
Votre capacité financière à prendre du risque dépend notamment de votre horizon, de vos revenus, de votre épargne de précaution et de vos projets.
Votre tolérance psychologique au risque correspond à votre capacité à supporter les fluctuations sans abandonner votre stratégie.
Imaginez un investisseur de 30 ans disposant d’un emploi stable et investissant pour sa retraite. Financièrement, il peut probablement accepter une allocation dynamique.
Mais s’il vend toutes ses actions après une baisse de 25 %, son allocation était peut-être trop agressive pour lui.
La meilleure stratégie sur Excel n’est pas nécessairement la meilleure dans la vraie vie.
Une allocation légèrement moins ambitieuse mais conservée pendant vingt ans peut faire beaucoup mieux qu’une allocation théoriquement optimale abandonnée au premier krach.
3. Sélectionnez les meilleures solutions et les meilleurs acteurs
Une fois vos objectifs définis et votre diversification pensée, il reste à mettre la stratégie en œuvre.
C’est ici que les frais et le choix de l’intermédiaire deviennent déterminants.
Ne confondez pas enveloppe, intermédiaire et investissement
Pour prendre de bonnes décisions, distinguez trois étages :
- l’enveloppe : PEA, assurance vie, PER, compte-titres ordinaire ;
- l’intermédiaire : banque, courtier, assureur ou fintech ;
- les investissements détenus dans l’enveloppe : ETF, actions, fonds en euros, fonds obligataires, SCPI, etc.
Deux personnes peuvent toutes les deux annoncer qu’elles possèdent une assurance vie et pourtant avoir des situations radicalement différentes.
La première peut détenir un contrat en ligne sans frais sur versement, avec de faibles frais de gestion et des ETF diversifiés.
La seconde peut conserver un vieux contrat bancaire facturant des frais à l’entrée, des frais annuels élevés et donnant accès essentiellement à des fonds coûteux.
Le nom de l’enveloppe ne suffit donc jamais à juger la qualité d’un placement.
Pour investir, les banques traditionnelles sont généralement trop chères
Que ce soit pour l’assurance vie, le PEA, le PER ou le compte-titres, ne restez pas prisonnier de votre banque historique.
Pour l’investissement, nous privilégions généralement les acteurs en ligne.
Les banques traditionnelles cumulent encore trop souvent :
- frais sur versement en assurance vie ;
- frais de gestion élevés ;
- courtage coûteux ;
- droits de garde ;
- fonds chargés en frais ;
- choix d’investissements plus limité ou largement constitué de fonds du groupe.
Le crédit immobilier peut constituer une exception : une banque traditionnelle reste parfaitement pertinente lorsqu’elle propose le meilleur financement. Mais même sur ce marché, les banques en ligne peuvent désormais être compétitives.
Obtenir un bon crédit auprès d’une banque ne vous oblige pas à y conserver pendant vingt ans une assurance vie médiocre.
Les frais certains méritent autant d’attention que les performances incertaines
Une différence de 1 % ou 1,5 % de frais annuels semble parfois insignifiante.
Sur une année, elle peut l’être.
Sur vingt ou trente ans, l’effet boule de neige devient considérable.
| Frais annuels hypothétiques | Rendement annuel net hypothétique | Capital après 20 ans | Écart vs 0,5 % de frais |
|---|---|---|---|
| 0,5 % | 5,5 % | ≈ 291 800 € | Référence |
| 1,0 % | 5,0 % | ≈ 265 300 € | ≈ -26 500 € |
| 1,5 % | 4,5 % | ≈ 241 200 € | ≈ -50 600 € |
| 2,0 % | 4,0 % | ≈ 219 100 € | ≈ -72 700 € |
Dans cet exemple purement pédagogique, 100 000 € sont investis pendant vingt ans avec une performance brute hypothétique de 6 % par an.
Avec 0,5 % de frais annuels, le capital final théorique approche 292 000 €. Avec 2 % de frais, il tombe autour de 219 000 €.
Plus de 70 000 € d’écart, uniquement en raison des frais, avant prise en compte de la fiscalité.
Les performances futures sont inconnues. Les frais prélevés, eux, sont parfaitement certains.
Les acteurs spécialisés ont changé la donne
Internet a profondément amélioré le rapport de force en faveur de l’épargnant.
Selon le besoin, vous pouvez désormais vous tourner vers :
- une banque en ligne pour le compte courant, certains PEA ou comptes-titres et parfois le crédit immobilier ;
- un courtier spécialisé pour une assurance vie, un PER, un PEA ou un compte-titres ;
- une fintech pour déléguer la gestion d’une partie de votre épargne.
Ces acteurs disposent généralement de structures de coûts plus légères que les réseaux bancaires traditionnels et peuvent proposer des offres beaucoup plus compétitives.
Cela ne signifie pas qu’un acteur en ligne est automatiquement excellent. Il faut toujours comparer les frais, les investissements accessibles et la qualité du service.
Vous pouvez consulter notre classement des meilleurs placements pour approfondir les différentes catégories.
Les 3 règles à retenir pour mieux épargner
Optimiser son épargne ne consiste pas à courir après le placement du moment.
Les modes changent. Les taux évoluent. Les marchés montent et baissent. Les trois principes de cet article sont beaucoup plus durables.
1. Donnez un objectif et un horizon à chaque poche de votre patrimoine.
L’argent destiné à l’année prochaine ne doit pas être investi comme celui destiné à votre retraite dans vingt-cinq ans.
2. Diversifiez les risques que vous n’avez aucune raison de concentrer.
Ne faites pas dépendre votre patrimoine d’une seule entreprise, d’un seul marché, d’un seul bien immobilier ou d’une seule hypothèse économique.
3. Soyez exigeant sur les frais, les enveloppes et les intermédiaires.
Quelques dixièmes de point paraissent anodins aujourd’hui. Sur plusieurs décennies, ils peuvent représenter des dizaines de milliers d’euros.
Bien épargner n’exige donc pas de trouver un placement miracle.
Il s’agit surtout de faire quelques choix simples et cohérents, puis de leur laisser du temps.

