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Retraite

Quels placements privilégier à la retraite ? Complément de revenu, transmission, etc.

Une fois à la retraite, de nombreux épargnants s’interrogent sur la meilleure façon d’allouer leur patrimoine financier. Comme souvent en matière d’épargne, il y a autant d’allocations idéales que d’épargnants. L’allocation doit être adaptée au profil du retraité et tenir compte d’un ensemble de paramètres : le niveau des ressources financières du ménage, le montant […]

Par Ludovic Chaput
Quels placements à la retraite ?

Le passage à la retraite change profondément la façon dont vous devez regarder votre patrimoine.

Pendant votre vie active, l’objectif principal était généralement d’accumuler : épargner, investir et laisser le temps faire son œuvre. Une fois à la retraite, une nouvelle question apparaît : comment utiliser ce patrimoine pour compléter vos pensions sans sacrifier inutilement sa capacité à fructifier ?

La réponse n’est certainement pas de tout placer sur un livret le lendemain de votre pot de départ.

Prendre sa retraite ne signifie pas mettre son patrimoine à la retraite.

À 65 ans, une partie de votre argent peut servir dans six mois, une autre dans dix ans et une dernière ne sera peut-être jamais dépensée parce que vous souhaitez la transmettre à vos enfants.

Ces euros n’ont pas le même horizon. Ils ne doivent donc pas nécessairement être investis de la même manière.

Avant de choisir un placement, distinguez trois missions :

  • consommer : financer les dépenses proches et compléter immédiatement votre pension ;
  • faire fructifier : conserver un moteur de croissance pour les besoins à moyen et long terme ;
  • transmettre : organiser le patrimoine qui reviendra probablement à vos héritiers.

Votre allocation dépend ensuite de vos pensions, de votre train de vie, de votre âge, de votre patrimoine, de votre tolérance aux fluctuations et de vos objectifs de transmission.

Quels sont les meilleurs placements à la retraite ?

Il n’existe pas de « meilleur placement pour retraité » dans l’absolu.

Un Livret A peut être excellent pour payer un voyage prévu dans six mois et médiocre pour faire fructifier pendant vingt ans un capital destiné aux enfants.

À l’inverse, un ETF actions mondial peut être pertinent pour un capital à très long terme, mais totalement inadapté à l’argent qui financera vos dépenses l’année prochaine.

Les principaux placements à étudier une fois à la retraite.
PlacementRendement potentielRisqueLiquiditéIntérêt à la retraite
LivretsFaibleTrès faibleExcellenteDépenses proches et épargne de précaution
Fonds en eurosFaible à modéréFaible ; garantie selon les conditions du contratBonnePoche sécurisée au sein de l’assurance vie
Fonds monétairesFaible, dépend des taux monétairesFaible mais capital non garantiTrès bonneTrésorerie temporaire
Obligations / fonds obligatairesFaible à modéréFaible à modéré selon durée et créditBonne en généralDiversification défensive et moyen terme
ETF actionsÉlevé à long termeÉlevéExcellente sur grands ETF cotésCapital dont vous n’avez pas besoin prochainement
SCPIModéré, non garantiModéréFaible à variableDiversification immobilière et distributions
Immobilier locatifVariableModéréFaibleRevenus locatifs et patrimoine réel

Ne confondez pas placement et enveloppe

Une action, une obligation, un fonds en euros ou une part de société civile de placement immobilier (SCPI) sont des placements.

L’assurance vie, le plan d’épargne en actions (PEA), le plan d’épargne retraite (PER) ou le compte-titres ordinaire (CTO) sont des enveloppes.

L’enveloppe détermine notamment la fiscalité et les règles de fonctionnement. Les placements détenus à l’intérieur déterminent l’essentiel du risque et de la performance.

Cette distinction est fondamentale.

Vous pouvez posséder une assurance vie extrêmement prudente investie presque exclusivement en fonds en euros, ou une assurance vie très dynamique composée majoritairement d’unités de compte actions.

Le nom de l’enveloppe ne suffit donc jamais à décrire le risque du patrimoine.

Combien conserver en placements sécurisés à la retraite ?

Une vieille règle consiste à réduire mécaniquement la part d’actions avec l’âge.

Elle a le mérite de la simplicité, mais elle oublie l’essentiel : de combien d’argent aurez-vous réellement besoin dans les prochaines années ?

Nous préférons raisonner en besoins plutôt qu’en âge.

Commencez par calculer le complément de pension nécessaire

Prenons un retraité qui perçoit 2 500 € de pension nette par mois et souhaite dépenser 3 000 €.

Son patrimoine doit donc fournir environ :

  • 500 € par mois ;
  • soit 6 000 € par an.

S’il souhaite disposer de trois années de complément de revenus dans une poche très défensive, cela représente environ 18 000 €.

Il faut ensuite ajouter une réserve pour les dépenses exceptionnelles : voiture, travaux, aide à un enfant, voyage important ou dépense de santé.

Cette méthode est beaucoup plus pertinente que de décréter qu’un retraité de 65 ans doit avoir exactement 60 % de son patrimoine en placements sécurisés.

Affecter les placements à l’horizon réel de chaque dépense plutôt qu’à l’âge du retraité.
BesoinHorizon indicatifPlacements à étudierObjectif
Dépenses courantes0 à 1 anLivrets, liquiditésDisponibilité immédiate
Complément de pension proche1 à 3 ansFonds en euros, monétaireLimiter le risque de devoir vendre après une baisse
Dépenses à moyen terme3 à 8 ansFonds en euros + obligataire selon profilStabilité et rendement modéré
Capital à long terme8 à 15 ans et plusActions / ETF + diversificationCroissance et protection contre l’érosion du pouvoir d’achat
Capital destiné aux héritiersTrès longAllocation potentiellement plus dynamiqueFaire fructifier le patrimoine transmis

Livrets : pour les dépenses immédiates

Les livrets réglementés sont très utiles pour la trésorerie courante.

Le Livret A et le livret de développement durable et solidaire (LDDS) offrent une liquidité immédiate et une exonération d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Ils ne doivent cependant pas devenir par réflexe le cimetière de toute votre épargne à long terme.

La sécurité a une valeur. Elle a aussi un coût d’opportunité lorsque l’horizon se compte en décennies.

Fonds en euros : la poche sécurisée de l’assurance vie

Le fonds en euros conserve un rôle central pour de nombreux retraités.

Il combine :

  • une garantie du capital selon les conditions du contrat ;
  • un rendement crédité annuellement ;
  • la disponibilité de l’assurance vie ;
  • la possibilité d’arbitrer ensuite vers d’autres fonds au sein du contrat.

Les rendements ont fortement évolué depuis la période de taux très bas. Il serait donc peu pertinent de conserver les anciennes références à des rendements généralisés de 1 à 2 %.

Pour comparer les offres actuelles, consultez notre comparatif des meilleurs fonds en euros.

Fonds monétaires et obligations : deux autres briques défensives

Les fonds monétaires peuvent servir de poche d’attente ou de trésorerie, avec une volatilité généralement très faible mais sans garantie bancaire du capital.

Les obligations et fonds obligataires peuvent également compléter la poche défensive.

Une obligation est une créance sur un État ou une entreprise. Sa valeur peut néanmoins fluctuer avant l’échéance, notamment lorsque les taux d’intérêt évoluent, et l’émetteur peut faire défaut.

Les fonds obligataires ne sont donc pas des fonds en euros bis.

Faut-il encore investir en actions à la retraite ?

Oui, dans de nombreux cas.

La retraite ne fait pas disparaître l’horizon de placement.

Une personne partant à 64 ou 65 ans peut encore avoir plusieurs décennies devant elle. Surtout, la fraction du patrimoine destinée à être transmise peut avoir un horizon encore plus long.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille placer l’argent des cinq prochaines années de dépenses en actions.

Les actions restent un moteur de croissance à long terme

Sur longue période, les actions ont historiquement offert une espérance de rendement supérieure à celle des placements garantis, en contrepartie de fluctuations beaucoup plus fortes.

Elles permettent notamment de lutter contre un risque souvent sous-estimé à la retraite : l’inflation.

Un capital qui ne baisse jamais en valeur nominale peut tout de même perdre du pouvoir d’achat année après année.

Pour la poche actions, les trackers ETF largement diversifiés constituent une solution simple et généralement peu coûteuse.

Un ETF mondial permet par exemple d’investir dans plusieurs centaines ou milliers d’entreprises selon l’indice suivi, plutôt que de faire reposer son patrimoine sur quelques titres choisis individuellement.

Les ETF capitalisants réinvestissent automatiquement les dividendes reçus par le fonds. Ils peuvent être intéressants lorsqu’on ne recherche pas un revenu distribué directement.

Le risque de séquence : le danger spécifique du retraité

Imaginez deux retraités possédant chacun 400 000 €.

Tous deux obtiennent, sur une longue période, une performance moyenne identique.

Mais le premier subit une chute de 30 % des marchés dès ses premières années de retraite alors que le second connaît cette baisse beaucoup plus tard.

Si chacun retire régulièrement de l’argent pour vivre, leurs patrimoines peuvent évoluer très différemment.

Le premier doit vendre davantage d’actifs après la baisse. Les sommes vendues ne participeront pas au rebond futur.

C’est le risque de séquence des rendements.

La meilleure protection n’est pas nécessairement de supprimer toutes les actions. Elle consiste plutôt à éviter d’être obligé d’en vendre au mauvais moment.

D’où l’intérêt d’une poche de sécurité couvrant plusieurs années de besoins selon votre situation.

Immobilier et SCPI : toujours intéressants après 60 ans ?

L’immobilier ne devient pas soudainement mauvais le jour où vous liquidez vos droits à la retraite.

Mais son rôle peut évoluer.

Immobilier locatif : conserver un bon actif peut avoir du sens

Si vous possédez un appartement bien situé, correctement loué et rentable, il n’existe aucune raison de le vendre le lendemain de votre pot de départ.

Les loyers peuvent compléter les pensions et l’immobilier peut contribuer à la diversification patrimoniale.

Mais avec l’âge, certaines contraintes deviennent plus importantes :

  • gestion des locataires ;
  • travaux ;
  • vacance locative ;
  • fiscalité ;
  • concentration sur quelques biens ;
  • faible liquidité.

À 75 ou 80 ans, certains investisseurs préfèrent simplifier leur patrimoine plutôt que continuer à gérer plusieurs appartements.

Le bon choix dépend donc autant du rendement que de votre envie de rester bailleur.

SCPI : de l’immobilier sans gestion locative directe

Les SCPI permettent d’investir indirectement dans un parc immobilier géré par une société de gestion.

Elles peuvent procurer des distributions régulières sans avoir à sélectionner un locataire ou organiser soi-même les travaux.

Mais il faut oublier l’image d’une rente immobilière immuable.

Les revenus ne sont pas garantis. La valeur des parts peut baisser. La liquidité peut se dégrader et les performances sont très hétérogènes selon les SCPI.

Les ajustements de prix observés ces dernières années sur certaines SCPI ont rappelé une règle élémentaire : la pierre-papier reste de l’immobilier, avec ses cycles et ses risques.

SCI en assurance vie et autres fonds immobiliers

Certains contrats d’assurance vie permettent d’accéder à des sociétés civiles immobilières (SCI) ou à d’autres fonds immobiliers.

Cela peut faciliter la diversification et les arbitrages au sein de l’enveloppe.

L’univers disponible, les frais et les conditions de sortie varient fortement d’un contrat à l’autre.

Foncières cotées : de l’immobilier qui se comporte aussi comme des actions

Les sociétés immobilières cotées permettent elles aussi d’investir dans l’immobilier.

Mais leur cours peut fluctuer fortement en Bourse.

Il ne faut donc pas les considérer comme l’équivalent liquide d’une SCPI : leur comportement de marché se rapproche davantage de celui des actions.

Assurance vie, PEA, PER ou CTO : quelles enveloppes privilégier à la retraite ?

Une fois l’allocation définie, il faut choisir dans quelles enveloppes loger les différents placements.

Assurance vie, PEA, PER et CTO : quatre enveloppes aux rôles différents à la retraite.
Assurance viePEAPERCTO
RetraitsTrès souplesSouples, particulièrement après 5 ansÀ organiser après la retraite selon le contratTrès souples
Fonds en eurosOuiNonOui sur de nombreux PER assurantielsNon
ETFOui selon contratOui, dans le cadre de l’éligibilité PEAOui selon contratOui, univers très large
Fiscalité des retraitsAvantageuse, notamment après 8 ansExonération d’IR sur les gains après 5 ans ; prélèvements sociaux dusDépend de l’origine des versements et de leur déductionPFU de droit commun à 31,4 % en 2026 pour les revenus concernés, sauf option barème
TransmissionRégime successoral spécifiqueRégime successoral de droit communRégime spécifique selon la nature du PERRégime successoral de droit commun
Usage privilégiéRevenus, poche sécurisée, diversification et transmissionPoche actionsOrganiser la sortie du capital constitué avant la retraiteCompléter le PEA et accéder à un univers sans plafond

Assurance vie : l’enveloppe la plus polyvalente à la retraite

Pour beaucoup de retraités, l’assurance vie constitue la pièce maîtresse du patrimoine financier.

Elle peut réunir dans une même enveloppe :

  • fonds en euros ;
  • ETF et fonds actions ;
  • fonds obligataires ;
  • immobilier selon le contrat ;
  • autres unités de compte selon l’offre.

Les retraits sont possibles à tout moment.

Après huit ans, la fiscalité devient particulièrement intéressante grâce à l’abattement annuel sur la part de gains comprise dans les rachats : 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.

Autre particularité importante en 2026 : les prélèvements sociaux applicables aux gains de l’assurance vie demeurent à 17,2 %, alors que le taux de droit commun applicable à de nombreux revenus du patrimoine a été porté à 18,6 %.

L’assurance vie bénéficie donc d’un avantage relatif supplémentaire pour organiser des retraits.

Pour sélectionner une enveloppe compétitive, consultez notre comparatif des meilleures assurances vie.

PEA : ne le fermez pas simplement parce que vous partez à la retraite

Un PEA ancien peut être extrêmement précieux.

Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux restent dus.

Les retraits réalisés après cinq ans n’entraînent plus automatiquement la clôture du plan et de nouveaux versements restent possibles dans la limite du plafond applicable.

Un retraité qui souhaite conserver une poche actions n’a donc aucune raison de liquider mécaniquement son PEA.

PER : après la retraite, la question devient celle de la sortie

Pendant la vie active, le plan d’épargne retraite individuel sert notamment à accumuler un capital avec la possibilité de déduire fiscalement certains versements.

Une fois à la retraite, la question change.

Il faut décider comment sortir :

  • en capital ;
  • de façon fractionnée ;
  • en rente lorsque le contrat et la situation s’y prêtent ;
  • ou selon une combinaison des possibilités offertes.

La fiscalité dépend notamment de la nature des versements et du fait qu’ils aient été déduits ou non à l’entrée.

Il n’est donc pas toujours pertinent de vider son PER dès le premier jour de retraite.

Notre comparatif assurance vie ou PER détaille les différences entre ces deux enveloppes.

CTO : l’enveloppe sans plafond

Le compte-titres ordinaire permet d’accéder à un univers d’investissement extrêmement large sans plafond de versement.

Il est utile notamment lorsque le PEA est rempli ou pour détenir des investissements qui n’y sont pas éligibles.

Sa fiscalité est moins avantageuse.

Depuis 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de droit commun applicable aux revenus mobiliers concernés atteint 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sous réserve de l’éventuelle option globale pour le barème progressif.

Le CTO reste néanmoins un excellent outil lorsque sa liberté d’investissement est réellement utile.

Comment générer un complément de revenus à la retraite ?

Beaucoup de retraités raisonnent ainsi :

« Je veux 1 000 € de revenus supplémentaires par mois, donc je dois trouver des placements qui distribuent 1 000 € par mois. »

Ce raisonnement est inutilement contraignant.

Votre niveau de vie peut être financé par plusieurs sources :

  • pensions ;
  • loyers ;
  • distributions de SCPI ;
  • dividendes ;
  • intérêts ;
  • rachats sur une assurance vie ;
  • retraits d’un PEA ;
  • sorties fractionnées d’un PER ;
  • et, oui, consommation progressive du capital.

Consommer du capital n’est pas un échec

Vous avez précisément épargné pendant votre vie active pour disposer de cet argent plus tard.

Vouloir absolument mourir avec le même capital nominal qu’au premier jour de la retraite n’est donc pas une obligation financière.

La question est plutôt : combien pouvez-vous retirer sans mettre en danger votre niveau de vie futur ni compromettre vos objectifs de transmission ?

La réponse dépend de l’âge, du rendement, de l’inflation, du patrimoine et du montant des pensions.

Les rachats programmés en assurance vie

L’assurance vie est particulièrement pratique pour organiser des retraits réguliers.

Supposons un contrat valorisé 200 000 €, composé de :

  • 150 000 € de versements ;
  • 50 000 € de gains.

Un retrait de 10 000 € ne signifie pas que 10 000 € seront fiscalisés.

La fiscalité porte uniquement sur la fraction de gains comprise dans le rachat, calculée selon les règles applicables au contrat.

Cette mécanique, combinée à l’abattement après huit ans, permet souvent d’organiser efficacement un complément de revenus.

Cas pratique : comment placer 150 000 € à la retraite ?

Prenons Pierre, 65 ans.

Il vient de prendre sa retraite.

Sa situation :

  • pension nette : 2 500 € par mois ;
  • niveau de dépenses souhaité : 3 200 € par mois ;
  • résidence principale entièrement payée ;
  • patrimoine financier : 150 000 € ;
  • deux enfants financièrement autonomes ;
  • envie de voyager pendant les premières années ;
  • souhait de transmettre le patrimoine qui restera.

Pierre doit donc financer environ 700 € par mois, soit 8 400 € par an, avec son patrimoine.

Il ne veut ni laisser les 150 000 € sur un livret, ni exposer toute la somme aux marchés actions.

Une allocation illustrative pourrait être la suivante.

Exemple purement illustratif d’organisation de 150 000 € de patrimoine financier pour Pierre, 65 ans.
PocheMontantPlacements possiblesFonction
Sécurité30 000 €Livrets, fonds en euros, monétaireDépenses proches, imprévus et plusieurs années de complément de pension
Défensive60 000 €Fonds en euros, obligations / fonds obligataires selon profilStabiliser le patrimoine et financer le moyen terme
Croissance45 000 €ETF actions largement diversifiésHorizon long et lutte contre l’inflation
Diversification15 000 €SCPI ou autre diversification selon situationDiversifier les moteurs de rendement

Pourquoi conserver 30 000 € très sécurisés ?

Cette somme représente plus de trois années du complément de revenus annuel de Pierre.

Elle lui permet également d’absorber certaines dépenses imprévues sans vendre ses investissements après une baisse des marchés.

Pourquoi conserver encore des actions ?

Pierre a 65 ans.

L’argent dont il n’aura besoin que dans quinze ou vingt ans dispose encore d’un horizon long.

Et la fraction qui sera probablement transmise à ses enfants possède un horizon économique plus long encore.

Supprimer toute exposition aux actions pourrait donc augmenter un autre risque : celui de voir le pouvoir d’achat du patrimoine s’éroder progressivement.

Cette allocation n’est pas une recommandation universelle

Avec la même somme, une personne percevant seulement 1 500 € de pension et dépensant 3 000 € devrait probablement être beaucoup plus prudente.

À l’inverse, un retraité percevant 6 000 € de pension pour 4 000 € de dépenses et possédant 2 millions d’euros de patrimoine peut conserver une allocation beaucoup plus dynamique s’il souhaite transmettre.

Le bon niveau de risque dépend moins de l’âge inscrit sur votre carte d’identité que de la fonction de l’argent.

Grand âge et dépendance : anticiper les besoins de liquidité

À 65 ans, vous pouvez encore raisonner sur plusieurs décennies.

À 85 ans, les priorités peuvent changer.

Une perte d’autonomie peut entraîner des dépenses importantes :

  • aide à domicile ;
  • adaptation du logement ;
  • résidence services ;
  • établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ;
  • assistance quotidienne.

La liquidité du patrimoine devient alors particulièrement importante.

Un appartement locatif peut avoir de la valeur, mais il ne finance pas une facture urgente tant qu’il n’est pas vendu ou refinancé.

Une allocation adaptée au grand âge doit donc généralement accorder davantage de place aux actifs simples, disponibles et peu volatils.

Simplifier son patrimoine est aussi une décision patrimoniale

La sophistication n’est pas toujours une vertu.

Posséder sept comptes bancaires, quatre appartements, six assurances vie et trente lignes de titres peut être parfaitement gérable à 60 ans.

Cela peut devenir beaucoup plus compliqué à 85 ans, pour vous comme pour vos proches.

Avec le temps, il peut être pertinent de :

  • regrouper certains comptes ;
  • fermer les enveloppes inutiles ;
  • simplifier le portefeuille ;
  • documenter l’emplacement des actifs ;
  • vérifier les clauses bénéficiaires ;
  • organiser les pouvoirs et protections nécessaires.

La bonne gestion patrimoniale consiste parfois à retirer des étages plutôt qu’à en ajouter.

Transmission : investir aussi pour ses héritiers

Une partie du patrimoine d’un retraité ne sera probablement jamais consommée.

Son horizon d’investissement peut alors être celui des héritiers.

Cette idée change profondément la façon de réfléchir à l’allocation.

L’assurance vie reste incontournable

L’assurance vie bénéficie d'un régime successoral spécifique.

Pour les versements effectués avant 70 ans, l'article 990 I du Code général des impôts prévoit notamment, dans le cas général, un abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant application du prélèvement spécifique.

Après 70 ans, le régime change.

Les primes concernées relèvent notamment d’un abattement global de 30 500 € dans le cadre de l’article 757 B du CGI.

Mais il serait faux d’en conclure que l’assurance vie perd tout intérêt après 70 ans : les gains générés par les primes versées après cet âge ne sont pas eux-mêmes compris dans l’assiette des droits de succession relevant de l’article 757 B.

C’est une nuance patrimoniale importante.

Pour approfondir, consultez notre article sur la fiscalité de l’assurance vie en cas de succession.

Donation et démembrement

Vous pouvez également transmettre de votre vivant.

Dans le cas général, chaque parent peut notamment bénéficier d’un abattement de 100 000 € par enfant sur les donations et successions, renouvelable selon le délai légal de quinze ans.

Le démembrement permet quant à lui de séparer usufruit et nue-propriété.

Ces stratégies deviennent rapidement techniques. Le montant du patrimoine, l’âge, le régime matrimonial et la composition de la famille doivent être étudiés ensemble.

Quelle allocation patrimoniale selon votre profil de retraité ?

Il n’existe pas d’allocation « spéciale retraité ».

Il existe des patrimoines qui doivent financer beaucoup de dépenses et d’autres qui en financeront très peu.

L’allocation à la retraite dépend avant tout du besoin de revenus et de l’horizon du patrimoine.
ProfilPrioritéOrientation générale
Pension faible et patrimoine limitéPréserver le niveau de viePoche liquide et sécurisée importante ; risque limité sur les sommes nécessaires à court et moyen terme
Pension confortable et capital intermédiaireÉquilibreCombiner sécurité, obligataire, actions et éventuellement immobilier selon les besoins
Pension couvrant largement les dépensesFaire fructifierPoche actions potentiellement plus importante si le profil accepte les fluctuations
Patrimoine important destiné à être transmisLong terme et transmissionAllocation potentiellement dynamique sur la fraction qui ne sera probablement pas consommée
Grand âge ou risque de dépendanceLiquidité et simplicitéDavantage d’actifs disponibles, simples à gérer et peu volatils

Une personne dont les pensions couvrent 100 % du train de vie peut accepter davantage de fluctuations sur son patrimoine financier qu’une personne devant retirer 5 % de son capital chaque année pour payer ses dépenses.

De même, un patrimoine destiné en grande partie à être transmis n’a pas le même horizon qu’un patrimoine qui doit financer une entrée en EHPAD dans trois ans.

C’est probablement la règle la plus importante de cet article :

L’horizon d’investissement de votre patrimoine n’est pas nécessairement votre espérance de vie.

Certains euros ont un horizon de six mois.

D’autres de vingt ans.

D’autres encore appartiennent économiquement déjà à la génération suivante.

C’est en donnant une mission à chaque poche du patrimoine que vous pouvez choisir les placements adaptés.

Notre avis : à la retraite, donnez une mission à chaque euro

Les meilleurs placements à la retraite ne forment donc pas un podium.

Ils forment une architecture.

Les livrets et liquidités financent les dépenses proches.

Les fonds en euros et certains placements obligataires stabilisent une partie du patrimoine.

Les actions conservent un potentiel de croissance pour l’argent à long terme.

L’immobilier peut produire des revenus et diversifier le patrimoine, au prix d’une liquidité plus faible.

Et les enveloppes — assurance vie, PEA, PER et CTO — permettent d’organiser ces placements avec des règles fiscales différentes.

La vraie erreur serait de raisonner uniquement en fonction de votre âge.

À 65 ans, vous n’avez pas un seul horizon de placement. Vous en avez plusieurs.

Si votre situation patrimoniale est complexe, un conseiller en gestion de patrimoine peut vous aider à articuler allocation, fiscalité, revenus complémentaires et transmission.

Chez Prosper Conseil, nos conseillers travaillent en architecture ouverte. Nous sélectionnons librement les solutions financières et immobilières adaptées à votre situation, sans être limités à une liste fermée imposée par une banque ou un assureur.

Notre rémunération repose exclusivement sur des honoraires transparents, sans rétrocommissions. C’est l’indépendance au sens de la réglementation européenne MIF 2.

Cette organisation évite l’illusion de la gratuité : un conseil apparemment gratuit peut en réalité être financé par les commissions versées sur les placements distribués, ce qui crée un risque de conflit d’intérêts.

Cet article est informatif. L’allocation adaptée dépend de votre situation personnelle, familiale, fiscale, de vos pensions, de vos besoins de revenus et de vos objectifs de transmission.

Pour aller plus loin

Les auteurs de LesFinances.fr s’efforcent de proposer des contenus fiables, compréhensibles et régulièrement mis à jour. Malgré le soin apporté à leur rédaction, certaines informations peuvent devenir obsolètes ou contenir des erreurs.

Si vous identifiez une information à corriger ou souhaitez nous transmettre un complément, vous pouvez nous contacter.

Pour une question nécessitant un conseil adapté à votre situation personnelle, vous pouvez également être mis en relation avec un conseiller en gestion de patrimoine.

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