LesFinances.fr
Assurance vie

Fiscalité de l’assurance vie : retraits et rachats

Fiscalité de l’assurance vie : imposition des retraits, PFU, prélèvements sociaux, abattement après 8 ans et exemples pour calculer vos impôts.

Par Ludovic Chaput
Fiscalité de l'assurance vie : retrait et rachat partiel

La fiscalité de l’assurance vie a la réputation d’être avantageuse. C’est vrai, mais encore faut-il comprendre ce qui est réellement imposé lors d’un retrait.

La règle essentielle tient en une phrase : tant que vous ne retirez pas d’argent de votre assurance vie, les gains accumulés dans le contrat ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Et lorsque vous effectuez un retrait, seule la fraction correspondant aux gains est fiscalisée.

L’ancienneté du contrat compte également. Après 8 ans, vous bénéficiez chaque année d’un abattement de 4 600 € sur les gains retirés si vous êtes célibataire, veuf ou divorcé, et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

Autre bonne nouvelle depuis 2026 : alors que le taux de prélèvements sociaux applicable à de nombreux revenus du capital est passé de 17,2 % à 18,6 %, l’assurance vie conserve un taux de 17,2 %. Le compte-titres ordinaire (CTO) et le plan d’épargne en actions (PEA) sont notamment concernés par le nouveau taux de 18,6 % dans les situations de droit commun applicables aux gains réalisés en 2026.

En pratique, retenez quatre règles :

  • pas de rachat : pas d’impôt sur le revenu sur les gains qui restent dans le contrat ;
  • avant 8 ans, les gains attachés aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017 sont généralement soumis à 12,8 % d’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux ;
  • après 8 ans, vous profitez de l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €, puis d’un taux d’impôt sur le revenu pouvant être de 7,5 % sur une partie des gains ;
  • les règles diffèrent pour les versements réalisés avant le 27 septembre 2017.

L’assurance vie reste ainsi une excellente enveloppe fiscale pour investir à long terme. Encore faut-il choisir un contrat peu chargé en frais : retrouvez notre comparatif des meilleures assurances vie.

Fiscalité de l’assurance vie : les règles essentielles sur les rachats.
SituationImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxÀ retenir
Aucun rachatPas d’impôt sur le revenu sur les gains qui restent dans le contratRègles particulières, notamment prélèvement au fil de l’eau sur les fonds en eurosLes arbitrages internes ne déclenchent pas à eux seuls l’impôt sur le revenu
Rachat avant 8 ans — versements depuis le 27/09/201712,8 % sur les gains, sauf option globale pour le barème17,2 %Seule la part de gains comprise dans le rachat est fiscalisée
Rachat après 8 ansAbattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €, puis 7,5 % ou 12,8 % selon la fraction concernée17,2 %Le seuil de 150 000 € ne signifie pas que tous les gains passent automatiquement à 12,8 %
Versements avant le 27/09/2017Ancien régime : barème ou PFL selon les conditions applicables17,2 % selon les règles applicablesLa date des versements compte autant que l’âge du contrat

Comment fonctionne la fiscalité d’un retrait sur une assurance vie ?

Dans le vocabulaire de l’assurance vie, un retrait est appelé un rachat.

Vous pouvez récupérer votre argent quand vous le souhaitez. Contrairement à une idée encore tenace, l’épargne placée en assurance vie n’est pas bloquée pendant 8 ans.

Les 8 ans constituent un seuil fiscal, pas une durée d’indisponibilité.

Rachat partiel ou rachat total : quelle différence ?

Un rachat partiel consiste à retirer seulement une partie de l’épargne. Le contrat reste ouvert et conserve son ancienneté fiscale.

Un rachat total consiste à récupérer la totalité de la valeur du contrat. L’assurance vie est alors clôturée et vous perdez son ancienneté.

En pratique, lorsque vous avez besoin de liquidités, le rachat partiel est donc souvent préférable au rachat total. Il permet de conserver une enveloppe fiscale ancienne, quitte à la réalimenter ultérieurement.

Seule la part de gains comprise dans votre rachat est imposable

C’est le point le plus important de cet article.

Vous n’êtes pas imposé sur la totalité de la somme retirée.

Prenons une assurance vie sur laquelle vous avez versé 80 000 €. Elle vaut désormais 100 000 €.

Votre contrat comprend :

  • 80 000 € de capital versé ;
  • 20 000 € de gains.

Vous retirez 10 000 €.

Il serait faux de considérer que ces 10 000 € sont intégralement imposables. Le rachat est composé proportionnellement de capital et de gains. Dans cet exemple, 20 % de la valeur du contrat correspond à des gains : le rachat de 10 000 € contient donc 2 000 € de gains imposables et 8 000 € de capital restitué sans imposition.

La formule fiscale d’un rachat partiel peut être présentée ainsi :

Gains imposables = montant du rachat - [total des primes versées × (montant du rachat / valeur du contrat avant le rachat)]

Avec notre exemple :

10 000 - [80 000 × (10 000 / 100 000)] = 2 000 € de gains.

Cette mécanique change complètement la lecture des taux d’imposition. Dire qu’un rachat avant 8 ans est « taxé à 30 % » est un raccourci trompeur : le taux s’applique aux gains compris dans le retrait, pas aux 10 000 € qui arrivent sur votre compte bancaire.

Pas de retrait : pas d’impôt sur le revenu sur les gains

L’assurance vie est une enveloppe de capitalisation.

Supposons que vous déteniez un ETF dans votre contrat. Vous le revendez avec une plus-value de 5 000 € puis réinvestissez immédiatement le montant sur un autre fonds, sans sortir l’argent de l’assurance vie.

Cette opération ne déclenche pas à elle seule l’impôt sur le revenu sur les 5 000 € de gain.

C’est une différence majeure avec un compte-titres ordinaire : dans un CTO, une vente avec plus-value constitue en principe un événement fiscal, même si vous réinvestissez aussitôt le produit de la vente.

L’assurance vie permet donc de faire travailler les gains à l’intérieur de l’enveloppe sans frottement d’impôt sur le revenu à chaque arbitrage. Sur plusieurs décennies, cet effet boule de neige fiscal peut devenir précieux.

Il existe toutefois une particularité pour les prélèvements sociaux : sur les fonds en euros, ils sont généralement prélevés au fil de l’eau lors de l’inscription des intérêts. Sur les unités de compte, ils interviennent notamment lors du rachat à hauteur des gains concernés. Les prélèvements sociaux déjà acquittés ne sont évidemment pas payés une seconde fois.

Fiscalité de l’assurance vie avant et après 8 ans

L’âge de votre assurance vie est déterminant.

Pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017, la fiscalité est relativement lisible : avant 8 ans, le taux forfaitaire d’impôt sur le revenu est de 12,8 %. Après 8 ans, l’abattement annuel entre en jeu et une partie des gains peut bénéficier d’un taux de 7,5 %.

Les prélèvements sociaux de l’assurance vie restent, quant à eux, fixés à 17,2 %.

Avant 8 ans : 12,8 % d’impôt sur les gains, plus 17,2 % de prélèvements sociaux

Pour les gains attachés aux primes versées depuis le 27 septembre 2017, un rachat avant le huitième anniversaire relève en principe d’un prélèvement forfaitaire de :

  • 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
  • 17,2 % de prélèvements sociaux sur l’assurance vie.

Soit 30 % au total lorsque les prélèvements sociaux sont dus au moment du rachat.

Mais rappelons-le : ces 30 % ne portent pas sur tout votre retrait.

Si vous retirez 10 000 € et que seulement 2 000 € correspondent à des gains, la fiscalité porte sur ces 2 000 €.

Vous pouvez par ailleurs opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Attention : cette option est globale pour les revenus et gains mobiliers entrant dans son champ. Il ne s’agit donc pas de choisir isolément le barème pour un rachat et le prélèvement forfaitaire pour tous les autres revenus financiers selon ce qui vous arrange ligne par ligne.

Après 8 ans : l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € change la donne

À partir du huitième anniversaire du contrat, les gains retirés bénéficient chaque année d’un abattement au titre de l’impôt sur le revenu :

  • 4 600 € pour une personne célibataire, veuve ou divorcée ;
  • 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

L’abattement est annuel et global : ouvrir trois assurances vie ne vous donne pas trois abattements de 4 600 €.

Il porte sur les gains, et non sur le montant total des retraits.

C’est une nuance fondamentale.

Imaginez une personne seule dont le contrat vaut 100 000 €, pour 60 000 € de versements. Les gains représentent donc 40 % du contrat.

Un rachat de 10 000 € contient 4 000 € de gains. Si le contrat a plus de 8 ans et si l’épargnant n’a pas déjà utilisé son abattement annuel, ces 4 000 € peuvent être intégralement couverts par l’abattement de 4 600 € au titre de l’impôt sur le revenu.

Autrement dit, l’abattement de 4 600 € ne signifie absolument pas que vous ne pouvez retirer que 4 600 € sans impôt sur le revenu.

Selon la proportion de gains dans votre contrat, le rachat peut être beaucoup plus important.

Le seuil de 150 000 € : attention aux raccourcis

Après 8 ans, les gains attachés aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017 peuvent bénéficier, après abattement, d'un taux de 7,5 % au titre de l’impôt sur le revenu pour la fraction éligible.

Le seuil de 150 000 € de primes intervient dans ce calcul.

Il est souvent résumé ainsi :

« Moins de 150 000 € : 7,5 %. Plus de 150 000 € : 12,8 %. »

C’est trop simpliste.

Le seuil s’apprécie en tenant compte de l’ensemble des contrats d’assurance vie et de capitalisation concernés détenus par le contribuable. Et lorsqu’il est dépassé, cela ne signifie pas nécessairement que tous les gains passent brutalement à 12,8 %.

Une fraction peut rester éligible au taux de 7,5 %, tandis qu’une autre relève du taux de 12,8 %. Le calcul dépend notamment des primes versées avant et depuis le 27 septembre 2017 qui n’ont pas déjà été remboursées en capital.

Pour un patrimoine important comportant plusieurs contrats et plusieurs générations de versements, il est donc préférable de raisonner précisément plutôt que d’appliquer une règle de trois trouvée au détour d’un forum.

Assurance vie après 8 ans : abattement et taux applicables aux gains des versements réalisés depuis le 27 septembre 2017.
ÉlémentRègle
Abattement — personne seule4 600 € de gains par an
Abattement — couple marié ou pacsé soumis à imposition commune9 200 € de gains par an
Taux réduit d’impôt sur le revenu7,5 % sur la fraction de gains éligible après abattement
Taux de droit commun d’impôt sur le revenu12,8 % sur la fraction de gains non éligible au taux réduit, sauf option globale pour le barème
Seuil de primes150 000 € : seuil global dont le calcul tient compte de l’ensemble des contrats concernés ; son dépassement n’entraîne pas nécessairement l’imposition de tous les gains à 12,8 %
Prélèvements sociaux assurance vie17,2 % — l’assurance vie échappe à la hausse à 18,6 % applicable au cas général de nombreux autres revenus du capital depuis 2026

L’assurance vie échappe à la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %

C’est une évolution fiscale importante.

Depuis le 1er janvier 2026, le taux de prélèvements sociaux applicable au cas général de nombreux revenus du patrimoine et de placement est passé de 17,2 % à 18,6 %, en raison de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG).

L’assurance vie bénéficie d’une exception : ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, avec une CSG à 9,2 %, une contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) à 0,5 % et un prélèvement de solidarité à 7,5 %.

À titre de comparaison, les gains d’un PEA retirés après 5 ans sont désormais soumis à 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur un compte-titres ordinaire, le prélèvement forfaitaire atteint désormais 31,4 % dans le cas général : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.

L’écart de 1,4 point n’est pas une révolution à lui seul. Mais il renforce encore légèrement l’intérêt fiscal de l’assurance vie dans une allocation patrimoniale diversifiée.

Exemples : combien d’impôts payez-vous réellement lors d’un rachat ?

Les règles fiscales deviennent beaucoup plus parlantes lorsqu’on les traduit en euros.

Les exemples ci-dessous supposent, pour simplifier, que les gains concernés n’ont pas déjà supporté les prélèvements sociaux au fil de l’eau et que le contribuable retient l’imposition forfaitaire plutôt que le barème progressif.

Exemple 1 : retrait de 10 000 € avant 8 ans

Vous avez versé 80 000 € sur une assurance vie qui vaut désormais 100 000 €.

Vous effectuez un rachat partiel de 10 000 €.

Comme nous l’avons vu, ce retrait comprend :

  • 8 000 € de capital ;
  • 2 000 € de gains.

Si les gains sont attachés à des versements effectués depuis le 27 septembre 2017, le calcul est le suivant :

  • impôt sur le revenu : 2 000 € × 12,8 % = 256 € ;
  • prélèvements sociaux : 2 000 € × 17,2 % = 344 € ;
  • fiscalité totale : 600 €.

Vous avez donc retiré 10 000 €, mais la taxation forfaitaire représente 600 €, et non 3 000 €.

C’est précisément pourquoi il faut toujours commencer par déterminer la part de gains comprise dans le rachat.

Exemple 2 : retrait après 8 ans avec 3 000 € de gains

Vous êtes célibataire et votre assurance vie a plus de 8 ans.

Vous effectuez un rachat de 10 000 €, dont 3 000 € correspondent à des gains.

Vous n’avez réalisé aucun autre rachat sur vos assurances vie pendant l’année.

Votre abattement annuel de 4 600 € couvre intégralement les 3 000 € de gains.

Résultat :

  • impôt sur le revenu sur les gains : 0 € ;
  • prélèvements sociaux : jusqu’à 516 € sur ces 3 000 € de gains s’ils n’ont pas déjà été acquittés.

L’abattement après 8 ans supprime donc ici l’impôt sur le revenu, mais pas les prélèvements sociaux.

Exemple 3 : un couple retire 40 000 € après 8 ans

Un couple marié soumis à imposition commune possède une assurance vie de 160 000 €, pour laquelle 120 000 € ont été versés.

Le contrat comporte donc 40 000 € de gains, soit 25 % de sa valeur.

Le couple retire 40 000 €.

Le rachat comprend :

  • 30 000 € de capital ;
  • 10 000 € de gains.

Le couple bénéficie d’un abattement annuel de 9 200 €. Il ne reste donc que 800 € de gains soumis à l’impôt sur le revenu.

Si ces 800 € sont éligibles au taux de 7,5 %, l’impôt sur le revenu correspondant est de seulement :

800 € × 7,5 % = 60 €.

Les prélèvements sociaux restent dus sur les gains concernés, sous réserve de ceux déjà acquittés.

Ce cas illustre bien la puissance de l’abattement : le couple retire 40 000 €, mais seulement 800 € restent imposables à l’impôt sur le revenu après abattement.

Exemple 4 : plus de 150 000 € de primes

Prenons maintenant un investisseur dont l’ensemble des primes à prendre en compte dépasse 150 000 €.

Après 8 ans, l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € reste applicable. En revanche, pour les gains attachés aux versements depuis le 27 septembre 2017, la fraction bénéficiant du taux de 7,5 % doit être distinguée de celle relevant du taux de 12,8 %.

Le dépassement du seuil de 150 000 € ne transforme donc pas automatiquement tous vos gains en revenus taxés à 12,8 %.

L’administration fiscale prévoit une formule de répartition. Pour les contrats importants alimentés avant et après septembre 2017, mieux vaut laisser l’assureur établir les éléments fiscaux du rachat et vérifier ensuite leur traitement dans votre déclaration.

Versements avant septembre 2017 : quelles règles fiscales ?

La réforme du prélèvement forfaitaire unique (PFU) n’a pas effacé l’ancien régime.

Pour déterminer la fiscalité, il faut donc regarder non seulement l’âge du contrat, mais aussi la date à laquelle les primes ont été versées.

Pour les gains attachés aux versements réalisés avant le 27 septembre 2017, l’ancien régime continue de s’appliquer.

Fiscalité des gains attachés aux versements effectués avant le 27 septembre 2017.
Âge du contratPrélèvement forfaitaire libératoire (sur option)AlternativePrélèvements sociaux
Moins de 4 ans35 %Barème progressif de l’impôt sur le revenu17,2 % selon les règles applicables
Entre 4 et 8 ans15 %Barème progressif de l’impôt sur le revenu17,2 % selon les règles applicables
Plus de 8 ans7,5 % après prise en compte de l’abattement applicableBarème progressif de l’impôt sur le revenu17,2 % selon les règles applicables

Les anciens taux : 35 %, 15 % et 7,5 %

Pour les gains attachés à des primes versées avant le 27 septembre 2017, l’épargnant peut, selon les règles applicables, relever du barème progressif de l’impôt sur le revenu ou opter pour l’ancien prélèvement forfaitaire libératoire (PFL).

Les taux du PFL dépendent de l’âge du contrat :

  • 35 % lorsque le contrat a moins de 4 ans ;
  • 15 % entre 4 et 8 ans ;
  • 7,5 % après 8 ans.

Les prélèvements sociaux de l’assurance vie s’ajoutent selon les règles applicables.

Après 8 ans, l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € reste un élément central du régime.

Et pour une assurance vie ouverte avant 1998 ?

Les contrats très anciens peuvent relever de règles encore différentes, notamment selon la date du contrat et celle des versements.

Nous n’allons pas détailler ici toutes les générations fiscales de l’assurance vie : si vous détenez un contrat ouvert avant 1998, vérifiez son historique avant d’effectuer un rachat important.

Un vieux contrat peut receler des avantages fiscaux qu’il serait dommage de sacrifier par inadvertance. La poussière n’est pas toujours un défaut en matière de patrimoine.

Comment optimiser la fiscalité de ses rachats d’assurance vie ?

La fiscalité ne doit jamais dicter à elle seule une décision d’investissement. Mais à patrimoine et besoin identiques, un bon calendrier de rachats peut éviter de payer inutilement de l’impôt.

Ouvrir une assurance vie tôt pour prendre date

Les avantages fiscaux liés aux 8 ans dépendent de l’ancienneté du contrat.

Il peut donc être judicieux d’ouvrir tôt une bonne assurance vie, même si vous ne souhaitez pas encore y placer une part importante de votre patrimoine.

Le compteur fiscal commence à tourner dès l’ouverture.

Huit ans plus tard, vous disposez d’une enveloppe arrivée à maturité fiscale. C’est un peu comme planter un arbre avant d’avoir besoin de son ombre.

Attention toutefois à ne pas ouvrir n’importe quel contrat uniquement pour « prendre date ». Les frais de l’assurance vie vous accompagneront pendant des années. Autant choisir dès le départ une enveloppe compétitive.

Notre comparatif des meilleures assurances vie présente les contrats que nous jugeons les plus intéressants.

Fractionner les rachats pour utiliser plusieurs abattements annuels

L’abattement après 8 ans est renouvelé chaque année.

Cette caractéristique permet parfois d’étaler intelligemment un besoin de liquidités.

Prenons une personne seule qui souhaite réaliser un rachat comprenant 8 000 € de gains. Si elle n’a pas besoin de toute la somme immédiatement, elle peut par exemple réaliser une partie du rachat en fin d’année puis une autre au début de l’année suivante.

Elle peut ainsi, sous réserve de sa situation et de ses autres rachats, mobiliser deux abattements annuels successifs de 4 600 €.

Même logique pour un couple soumis à imposition commune avec l’abattement de 9 200 €.

Il ne s’agit pas de laisser la fiscalité prendre le volant. Mais lorsque le calendrier est flexible, autant éviter de rouler avec le frein à main.

Plusieurs assurances vie : oui, mais pas pour multiplier l’abattement

Détenir plusieurs assurances vie est souvent pertinent.

Cela permet notamment de :

  • diversifier les assureurs ;
  • accéder à plusieurs fonds en euros ;
  • élargir le choix d’ETF et de fonds ;
  • profiter de caractéristiques différentes selon les contrats ;
  • conserver plusieurs enveloppes anciennes.

En revanche, ouvrir plusieurs contrats ne multiplie pas l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €. Celui-ci s’apprécie globalement pour les produits des contrats concernés du foyer fiscal.

L’intérêt de plusieurs assurances vie est donc patrimonial et financier, pas une astuce permettant de fabriquer artificiellement plusieurs abattements.

PFU ou barème progressif : faites le calcul

Le prélèvement forfaitaire est simple, mais il n’est pas nécessairement optimal pour tout le monde.

Un contribuable faiblement imposé peut parfois avoir intérêt à opter pour le barème progressif.

Mais attention à l’illusion du choix à la carte : l’option pour le barème progressif s’applique globalement aux revenus et gains mobiliers entrant dans son champ.

Il faut donc regarder l’ensemble de vos revenus financiers, votre tranche marginale d’imposition et les éventuels effets de CSG déductible, plutôt que de comparer mécaniquement 12,8 % avec votre seule tranche d’imposition.

Ne clôturez pas un vieux contrat sans raison

Le rachat total clôture l’assurance vie.

Si votre contrat a plus de 8 ans et que vous avez seulement besoin d’une partie de l’épargne, un rachat partiel permet de conserver son ancienneté fiscale.

Même lorsqu’un vieux contrat est devenu moins compétitif, il peut être utile d’étudier les solutions avant de le fermer brutalement.

La fiscalité est un élément du raisonnement ; les frais, les fonds disponibles, la qualité du fonds en euros et votre stratégie d’investissement en sont d’autres.

Assurance vie et succession : un autre avantage fiscal à connaître

La fiscalité des rachats n’est qu’une facette de l’assurance vie.

L’enveloppe possède également un régime spécifique en matière de transmission au décès, qui constitue l’une des grandes raisons de son succès patrimonial.

Le traitement dépend notamment de l’âge auquel les primes ont été versées, de la date des versements, des montants transmis et de la qualité des bénéficiaires.

Le fameux âge de 70 ans joue notamment un rôle important, mais il serait trompeur de résumer la stratégie successorale à « verser avant 70 ans ». Les règles civiles, la clause bénéficiaire et la situation familiale comptent tout autant.

Nous consacrons volontairement un article séparé à ce sujet : ici, l’objectif est de comprendre la fiscalité de votre vivant lorsque vous effectuez des rachats.

Ce qu’il faut retenir sur la fiscalité des retraits d’assurance vie

La fiscalité de l’assurance vie paraît complexe parce que plusieurs générations de règles coexistent. Pour un contrat moderne, les principes essentiels restent pourtant assez simples.

Seuls les gains compris dans vos rachats sont imposables. Votre capital versé n’est pas taxé une seconde fois.

Avant 8 ans, les gains attachés aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017 relèvent généralement d’un taux forfaitaire de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux de l’assurance vie.

Après 8 ans, l’abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune améliore fortement la fiscalité. Une fraction des gains peut ensuite bénéficier du taux de 7,5 %.

Enfin, l’assurance vie conserve en 2026 ses prélèvements sociaux à 17,2 %, alors que le taux de droit commun de nombreux revenus financiers est passé à 18,6 %. C’est un petit avantage supplémentaire pour une enveloppe qui en comptait déjà beaucoup.

La fiscalité n’est toutefois qu’un étage de la fusée. Un contrat chargé de frais peut grignoter chaque année davantage de performance que l’économie fiscale réalisée à la sortie. Le choix d’une bonne assurance vie, puis des fonds dans lesquels investir, reste donc déterminant.

Retrouvez notre comparatif des meilleures assurances vie pour sélectionner une enveloppe adaptée à votre stratégie.

Cet article est informatif. La fiscalité applicable dépend de la date de votre contrat, de vos versements, de vos rachats et de votre situation fiscale personnelle.

Les auteurs de LesFinances.fr s’efforcent de proposer des contenus fiables, compréhensibles et régulièrement mis à jour. Malgré le soin apporté à leur rédaction, certaines informations peuvent devenir obsolètes ou contenir des erreurs.

Si vous identifiez une information à corriger ou souhaitez nous transmettre un complément, vous pouvez nous contacter.

Pour une question nécessitant un conseil adapté à votre situation personnelle, vous pouvez également être mis en relation avec un conseiller en gestion de patrimoine.

La Revue patrimoniale

Un regard clair sur l’épargne et l’investissement

Chaque semaine, recevez nos analyses, nos comparatifs et les informations essentielles pour mieux comprendre vos placements.

Gratuit, sans spam. Désinscription en un clic.

Découvrir les dernières newsletters