Combien rapporte une assurance vie ?

Combien rapporte une assurance vie ?

C’est une question que se posent de nombreux épargnants : combien rapporte une assurance vie ?

Cette question peut être interprétée de 2 façons. En effet, beaucoup d’épargnants (et parfois même des journalistes) réduisent l’assurance vie à la question du fonds euro. Et pour cause, les fonds euros représentent encore près des trois quarts des encours investis en assurance vie. D’ailleurs, certains vieux contrats monosupport ne permettaient d’investir que sur un fonds euro. Sous cet angle, la vraie question est donc celle de la performance des fonds euros. Nous y répondrons dans cet article.

Mais l’assurance vie ne se résume pas aux fonds euros. Loin de là ! D’ailleurs, la majorité des contrats commercialisés est du type multisupport. Donc en sus des fonds euros, les épargnants peuvent aussi investir sur des supports en unités de compte (fonds d’investissement actions, immobilier, etc.) Sur les près de 1800 milliards d’euros d’épargne détenue en assurance vie, environ un quart est investi sur des unités de compte. On compte des milliers de supports en unités de compte.

Les possibilités de diversification sont donc énormes et la performance dépendra naturellement des choix d’allocation entre fonds euro et unités de compte au sein du contrat.

Cet article fait le point sur les informations à savoir pour comprendre combien rapporte une assurance vie.

SOMMAIRE

  1. Combien rapportent les fonds euros ?
  2. Assurance vie multisupport : une allocation à la carte et des performances propres à chaque épargnant
  3. Gestion pilotée : toutes les gestions ne se valent pas

Combien rapportent les fonds euros ?

La performance des fonds euros est relativement stable d’une année sur l’autre. Ces fonds sont essentiellement composés de placements peu volatils et cette composition évolue peu d’une année sur l’autre. On observe toutefois une baisse tendancielle de la performance servie. Pour comprendre la baisse de cette performance, il faut expliquer comment est géré un fonds euro.

Les fonds euros sont gérés par des assureurs. Il s’agit d’un placement sans risque. L’essentiel des fonds euros offre une garantie sur le capital investi. Ce point séduit de nombreux épargnants, mais impose aux assureurs une gestion prudente des encours sous gestion. En pratique, les assureurs allouent donc le capital des épargnants sur des placements réputés sûrs.

Ainsi, une part importante des encours investis en fonds euro est investie sur des obligations d’États (des pays avec une signature sûre, tels que la France, l’Allemagne, etc.) et des obligations de grandes entreprises. Ces obligations ont des maturités (échéance avant remboursement) de plusieurs années. À mesure que ces obligations arrivent à maturité, l’assureur réinvestit le capital sur de nouvelles obligations.

Malheureusement, les nouvelles obligations sont moins rémunératrices que par le passé. La faute aux politiques monétaires en place visant à faire baisser les taux pour doper l’économie. En effet, les États et les entreprises empruntent à des taux plus bas, donc les assureurs, ne pouvant se permettre des placements plus risqués, n’ont d’autres choix que d’accepter une moindre rémunération du capital. Progressivement, les fonds euros rapportent donc de moins en moins.

Toutefois, on trouve encore des fonds euros avec des performances intéressantes pour sécuriser son épargne (voir le tableau plus bas).

Les fonds euros dynamiques

Certains assureurs introduisent une petite part de placements plus dynamiques tels que des fonds en actions ou de l’immobilier dans les fonds euros qu’ils gèrent. On parle alors de fonds euros dynamiques. De cette façon, avec les fonds euros dynamiques, les assureurs parviennent à améliorer la performance de l’épargne, tout en maintenant une garantie sur le capital investi.

Le tableau présenté ci-dessous liste les performances des fonds euros accessibles sur différentes assurances vie en ligne régulièrement mises à l’honneur dans les classements des meilleurs contrats récompensés par la presse financière. Ces contrats affichent des caractéristiques intéressantes pour les épargnants individuels, ils sont notamment sans frais de versement.

Contrat
(Banque/Courtier)
Performance 2019Performance 2020Commentaire
Linxea Avenir
Linxea
Accédez au contrat
2,40 % sur le fonds Suravenir Opportunités2 % sur le fonds Suravenir OpportunitésBonne performance du fonds euro (non conditionnée à la part investie en unités de compte).
Evolution Vie
Assurancevie.com
Accédez au contrat
1,76 %
(le double sous condition)
1,41 %
(le double sous condition)
Possibilité d’allouer 100 % des versements vers le fonds euro.
Darjeeling
Placementdirect.fr
Accédez au contrat
1,30 %
(jusqu’à 3 % sous condition)
1,10 %
(jusqu’à 2,90 % sous condition)
Intéressant pour les épargnants souhaitant investir en unités de compte (taux du fonds euro bonifié).
Linxea Vie
Linxea
Accédez au contrat
1,55 % sur le fonds Euro Exclusif1,43 % sur le fonds Euro ExclusifL’assureur Generali permet de réaliser des rachats partiels en 72 h
Boursorama Vie
Boursorama
Accédez au contrat
1,55 % sur le fonds Euro Exclusif1,43 % sur le fonds Euro ExclusifL’assureur Generali permet de réaliser des rachats partiels en 72 h
Fortuneo Vie
Fortuneo
Accédez au contrat
2,40 % sur le fonds Suravenir Opportunités2,00 % sur le fonds Suravenir OpportunitésMême assureur que le contrat Linxea Avenir mais les frais de gestion en unités de compte sont plus élevés.
Différents contrats d’assurance vie.

Ce tableau montre que l’on trouve des assurances vie avec des fonds euros dont les performances ont battu l’inflation sur les 2 dernières années. Ce tableau montre également que les performances vont du simple au double selon les fonds euros ! Lorsque l’on prend le marché dans sa globalité, les écarts de performances sont encore plus importants puisque le tableau ne présente pas les fonds euros les plus médiocres dont la performance avoisine les 1 % et parfois moins.

Avant de faire le choix de se tourner vers tel ou tel contrat, les épargnants doivent prendre connaissance de l’ensemble des caractéristiques des contrats. Et la performance du fonds euro n’est qu’un critère parmi d’autres. Il faut également être attentif aux frais, aux autres supports accessibles (le panel d’unités de compte) et aux options de gestion. Pour plus d’informations sur les contrats présentés dans ce tableau, nous vous renvoyons à notre classement comparatif des meilleures assurances vie.

Les fonds euros sont le placement financier préféré des Français pour sécuriser leur épargne, mais ce n’est pas le placement le plus rémunérateur que l’on trouve en assurance vie. Les épargnants souhaitant dynamiser la performance de leur épargne peuvent se tourner vers les supports en unités de compte.

Assurance vie multisupport : une allocation à la carte et des performances propres à chaque épargnant

Nous l’avons rappelé en introduction : l’assurance vie ne se résume pas au fonds euro. En matière de supports d’investissement, le choix est pléthorique. On compte des milliers des supports accessibles en unités de compte. Les meilleures assurances vie en architecture ouverte donnent accès à près de mille supports et parfois davantage encore. On comprend donc qu’il existe autant de performances que d’allocations !

Grand classique de la diversification : l’assurance vie permet d’investir dans des fonds d’investissement en actions. Les actions sont l’une des classes d’actifs incontournables pour valoriser à long terme la performance de son patrimoine. Il existe des milliers de fonds en actions accessibles en assurance vie, et tous ne se valent pas.

Certains indicateurs avancés tels que le ratio de Sharpe permettent d’évaluer l’aptitude du fonds à délivrer une bonne performance tout en limitant les risques. Les investisseurs cherchent en effet à optimiser le couple performance/rendement. Trivialement, on mesure le risque d’un placement à partir de sa volatilité (laquelle peut-être calculée en mesurant l’écart-type des rendements sur des intervalles de temps donnés). Le ratio de Sharpe n’est qu’un indicateur parmi d’autres.

Si l’on met de côté les formules mathématiques, pour évaluer les qualités d’un gestionnaire, les épargnants peuvent également se fier à la philosophie d’investissement de ce dernier. Du point de vue de l’épargnant, il n’est cependant pas toujours évident de comprendre les stratégies des gestionnaires, et encore moins de savoir s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise approche. En cas de doute, une solution peut être de se tourner vers une gestion pilotée (voir plus bas).

Ces dernières années, un nouveau type de mode de gestion a vu le jour : la gestion indicielle. La gestion indicielle est simple à comprendre, affiche de bonnes performances, et séduit de nombreux épargnants. L’objectif d’un fonds indiciel (trackers et ETF) est de reproduire la performance d’un indice boursier de référence tel que le CAC 40 ou le S&P 500. Le travail des gestionnaires est réduit, ce qui permet de diminuer fortement les frais de gestion. Les frais de gestion d’un fonds indiciel sont généralement inférieurs à 0,40 % contre près de 2 % pour un fonds classique. Les meilleures assurances vie donnent accès à plusieurs dizaines de fonds indiciels. Une assurance vie investie sur des fonds indiciels affichera donc une performance équivalente à celles des marchés actions ciblés, minorée des frais de gestion du fonds (moins de 0,40 %) et des frais de gestion en unités de compte (0,50 à 0,60 % pour les meilleures assurances vie).

L’assurance vie permet également d’investir dans l’immobilier. On distingue au moins 3 types de supports :

  • les SCPI (société civile de placement immobilier),
  • les OPCI (organisme de placement collectif en immobilier),
  • les SCI (société civile immobilière).

Notez que l’on trouve également des fonds actions investis sur les foncières cotées, le profil de volatilité de ces fonds se rapproche de celui du marché actions.

Les sociétés civiles de placement immobilier (voir notre article sur les SCPI) rencontrent un certain succès. Elles délivrent des rémunérations de l’ordre de 4,5 % par an. Aussi, la valeur des parts de SCPI a tendance à s’apprécier dans le temps, ce qui représente un complément de performance de 1 à 2 %. La performance des SCPI dépasse donc globalement les 5 %. Ceci dit, cela dépend de l’évolution du marché immobilier, le risque de baisse existe. Certaines SCI (sociétés civiles immobilières) affichent des objectifs de performance semblables.

Le tableau ci-dessous présente les performances moyennes escomptables sur les principaux supports accessibles via une assurance vie multisupport.

SupportPerformance escomptableRemarques
Fonds eurosde 1 à 2 %
(un peu plus dans certains cas)
Support le plus populaire car il présente une garantie sur le capital investi.
Fonds actionsde 6 à 10 %
(moyenne lissée sur le long terme)
Supports risqués, avec une forte volatilité mais d’excellentes performances historiques à long terme.
SCPI, SCIde l’ordre de 5 %Supports populaires pour dynamiser son patrimoine en raison de performances intéressantes et d’une volatilité modérée.
OPCIde 3 à 8 % selon compositionLes OPCI sont investis en immobilier mais aussi d’autres classes d’actifs.
Fonds obligataires0 à 10 % selon la nature des obligations (investment grade, high yield, etc.)Les obligations high yield délivrent des rendements intéressants mais sont risqués.

Rappelons ici que les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les placements financiers comportent un risque de perte en capital plus ou moins élevé selon la nature des actifs. En effet, l’immobilier et les actions notamment ne montent pas en ligne droite, donc il faut investir à long terme sur ces supports pour capter la performance long terme.

Pour estimer combien rapporte une assurance vie, il faut donc regarder les supports d’investissement qui la composent. On peut calculer la somme des rendements pondérés pour se donner une idée de la performance escomptable. Si l’on prend le cas d’une assurance vie composée de 50 % de fonds euros, 25 % de fonds en actions et 25 % de supports immobiliers tels que des SCPI, la performance moyenne annuelle escomptable est de l’ordre de 3-4 %. En pratique, chaque année, l’assurance vie délivrera tantôt moins tantôt plus, selon la performance des marchés actions et immobiliers.

Fonds d’investissement diversifiés, fonds actions, supports immobiliers, etc. Devant un choix aussi important de supports d’investissement et de combinaisons possibles en termes d’allocation, les épargnants peinent à s’y retrouver. Qu’ils se rassurent, comme de nombreux investisseurs, les épargnants peuvent faire le choix de déléguer la gestion de leur assurance vie : on parle alors de gestion pilotée (ou gestion déléguée). C’est le sujet de la partie qui suit.

Gestion pilotée : toutes les gestions ne se valent pas

Le principe de la gestion pilotée est le suivant : l’épargnant donne mandat à un professionnel (le gestionnaire) pour prendre la main sur la gestion de son assurance vie, déterminer l’allocation adaptée à son profil (entre fonds euro et unités de compte), et assurer la gestion courante du contrat (le gestionnaire effectue régulièrement des arbitrages pour maintenir le profil de risque adéquat).

Les courtiers et gestionnaires de portefeuille proposant des gestions pilotées communiquent chaque année les performances de leurs gestions. Du moins, pour les courtiers transparents (c’est le cas des meilleures gestions pilotées), alors que certaines gestions pilotées sont très opaques (car peu fières de leurs performances ?)

On parle de bien de performances au pluriel, car les gestionnaires et les assurances vie proposent généralement plusieurs niveaux de risque, et à chacun de ces profils correspondra une performance propre. A minima, on retrouve au moins 3 profils (sécurisé, équilibré, dynamique), et certains gestionnaires proposent une gestion plus fine avec 10 profils et davantage. Aussi, dès lors qu’il s’agit de comparer les performances de différents gestionnaires, il est important d’évaluer la performance d’un profil à la lumière de son profil de risque. Car il faut comparer ce qui est comparable : un profil défensif se compare avec un autre profil défensif.

Les meilleurs gestionnaires sont ceux qui parviennent à délivrer le meilleur couple performance/risque. C’est-à-dire ceux qui donnent la meilleure performance avec une moindre prise de risque (moindre volatilité).

On retrouve 2 assurances vie ayant opté pour la gestion indicielle dans notre classement des meilleures gestions pilotées : Yomoni (voir avis Yomoni) et Nalo (voir avis Nalo). En 2020, les meilleures gestions pilotées ont réussi à afficher une performance en territoire positif, malgré la baisse du CAC 40. Le secret de ce succès ? C’est simple : si l’indice phare parisien a terminé l’année 2020 en perte, ce n’est pas le cas des marchés actions monde dans leur globalité. Ainsi, le MSCI World, un indice suivant près de 1600 grandes entreprises dans le monde, affiche une performance positive en 2020 (environ +10 % pour le MSCI World avec une couverture de change en euros).

Du côté des épargnants, en matière d’investissement en actions, il est judicieux de tirer partie de la bonne performance des marchés mondiaux et d’éviter un biais domestique excessif. D’autant plus que certains secteurs d’activités tirant la croissance mondiale, tels que les nouvelles technologies, les semi-conducteurs, les valeurs de l’internet, etc., sont sous-pondérés dans le CAC 40. Donc une bonne gestion pilotée sait diversifier à l’international pour tirer partie notamment de la croissance des USA et des pays émergents.

Sur le long terme, les marchés actions délivrent une performance moyenne annuelle de l’ordre de 6 à 10 %. Sur la dernière décennie, les marchés affichent une performance moyenne dans le haut du panier (de l’ordre de 10 % en annualisé). En assurance vie, les encours investis en actions via les meilleures gestions pilotées peuvent donc délivrer d‘excellentes performances, mais il faut investir à long terme et il est important de choisir de bonnes gestions pilotées : sans frais sur versement, avec des frais de gestion faibles et des gestionnaires avec une stratégie d’investissement performante. Nous vous renvoyons à notre article sur les meilleures gestions pilotées.

Conclusion

En conclusion, pour savoir combien peut rapporter une assurance vie, il faut regarder les supports qui la composent. Les meilleurs fonds euros délivrent près de 2 %, mais il est possible d’améliorer la performance de son assurance vie en se tournant vers des supports en unité de compte : les fonds actions et les supports immobiliers. Ces supports délivrent d’excellentes performances et une bonne protection contre l’inflation, mais sont volatils, c’est la raison pour laquelle on les recommande dans le cadre d’une stratégie d’investissement à long terme.

L’assurance vie est donc un dispositif d’épargne très polyvalent puisqu’il permet d’investir sur un large éventail de supports d’investissement. Le succès de l’assurance vie ne doit rien au hasard, ce dispositif d’épargne s’adapte aux objectifs financiers de chacun et on peut diversifier sur plusieurs contrats d’assurance vie. Par exemple une assurance vie en 100 % fonds euro, une autre pour investir en immobilier, une autre pour la gestion pilotée. En cas de doute sur la façon de gérer le contrat, les épargnants ont intérêt à opter pour une gestion pilotée.

Encore faut-il choisir les bonnes assurances vie, sans frais sur versement, et avec un bon fonds euro et un bon choix d’unités de compte (en gestion libre) ou une bonne gestion pilotée. Nous vous renvoyons à notre article présentant les meilleures gestions pilotées.

Ce succès de l’assurance vie s’explique également en raison de sa fiscalité très intéressante. Les gains réinvestis au sein du contrat ne sont pas imposés. Et au moment de la sortie du contrat, si on sort après les 8 ans du contrat, les retraits bénéficient d’un abattement sur les plus-values imposables.

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