Fonds clean share : définition, frais et différences avec les ETF

Épargnante consultant des fonds en parts clean share sur l’interface Linxea.

Les fonds clean share permettent de payer moins de frais pour investir dans un fonds actif. La mécanique consiste à retirer les rétrocommissions habituellement versées à la banque, au courtier ou au conseiller qui distribue le fonds.

Pour un même portefeuille, une part clean share peut coûter presque deux fois moins cher qu’une part classique destinée au grand public. Et sur dix ou vingt ans, quelques dixièmes de frais en moins finissent par peser lourd.

Mais le mot « clean » peut donner une impression trompeuse. Une clean share reste un fonds actif, avec une équipe de gestion à rémunérer, des frais annuels parfois proches de 1 %, et éventuellement une commission de surperformance. Face à un ETF facturé 0,07 % ou 0,20 % par an, l’écart reste important.

Et encore faut-il pouvoir en acheter, car les parts clean share sont peu présentes, même dans les meilleurs plans d’épargne en actions (PEA), les meilleures assurances-vie ou encore les meilleurs plans d’épargne retraite (PER). Dans de nombreux contrats, seules les parts classiques avec rétrocommissions sont référencées.

Les fonds proposant des parts clean share sont principalement accessibles via un compte-titres ordinaire (CTO) ou une assurance-vie luxembourgeoise.

Il faut donc privilégier la part clean share à la part classique d’un même fonds. Sur ce point, il n’y a guère de débat. Mais la vraie question est de savoir si ce fonds actif mérite encore sa place face à un ETF moins cher, plus accessible et plus simple à suivre.

SOMMAIRE

Qu’est-ce qu’un fonds clean share et comment fonctionne-t-il ?

Un fonds clean share est un fonds d’investissement actif qui ne verse aucune rétrocommission à la banque, au courtier ou au conseiller chargé de le distribuer.

Le terme peut prêter à confusion. Une clean share n’est pas un nouveau type de placement ni un fonds doté d’une stratégie particulière. Il s’agit simplement d’une catégorie de parts moins chargée en frais au sein d’un fonds qui peut également être commercialisé sous d’autres versions.

Définition simple d’une part clean share

Une société de gestion peut proposer plusieurs parts d’un même fonds. Elles investissent dans le même portefeuille et sont pilotées par la même équipe, mais leurs frais et leurs conditions d’accès diffèrent.

Comparaison des parts grand public, sans rétrocommission et institutionnelles d’un même fonds.
Part grand public, part sans rétrocommission et part institutionnelle : les principales différences de frais, d’accès et de souscription.

La part clean share se distingue par l’absence de commission de distribution. Les frais prélevés servent principalement à rémunérer la société de gestion et le fonctionnement du fonds. Le distributeur doit alors se rémunérer autrement, par exemple avec des honoraires de conseil.

Cette séparation rend la tarification plus lisible. L’épargnant sait ce qu’il paie au gérant du fonds et ce qu’il paie à son intermédiaire.

Pourquoi un même fonds propose-t-il plusieurs catégories de parts ?

Les sociétés de gestion adaptent leurs parts aux différents profils d’investisseurs :

  • Les parts retail sont destinées au grand public. Elles sont faciles d’accès, mais leurs frais intègrent généralement la rémunération du distributeur.
  • Les parts institutionnelles s’adressent aux banques, aux assureurs, aux caisses de retraite et aux grands investisseurs. Leurs frais sont réduits, mais les minimums de souscription sont élevés.
  • Les parts clean share suppriment les rétrocommissions tout en restant, dans certains cas, accessibles aux particuliers.

D’autres différences peuvent entrer en jeu, comme la devise, la distribution ou la capitalisation des revenus, la couverture du risque de change et la présence d’une commission de surperformance.

Note : Attention aux raccourcis. Une lettre comme R, N ou I ne possède pas la même signification chez tous les gérants. Il faut consulter le code ISIN, le document d’informations clés et le prospectus pour identifier précisément la part proposée.

Quels sont les frais d’un fonds clean share ?

Un fonds clean share coûte moins cher que la part classique du même fonds, car ses frais n’intègrent pas de rétrocommission versée au distributeur. L’écart peut être important, mais le mot « clean » ne doit pas induire en erreur. La gestion du fonds reste payante et d’autres couches de frais peuvent s’ajouter.

Les frais prélevés par le fonds

La principale dépense correspond aux frais annuels de gestion. Ils rémunèrent la société de gestion, les gérants, l’administration du fonds, le dépositaire et son fonctionnement courant. Ces frais sont prélevés directement dans le fonds. L’épargnant ne reçoit donc pas de facture, mais la valeur liquidative publiée en tient déjà compte.

Tableau des frais d’un fonds présenté dans un document d’informations clés, avec les coûts d’entrée, de sortie, de gestion et de transaction.
Le document d’informations clés (DIC) détaille les principaux frais du fonds : coûts d’entrée et de sortie, frais de gestion, coûts de transaction et éventuelles commissions de performance.

Une part clean share affiche des frais inférieurs à ceux de la part retail équivalente. La différence correspond en grande partie à la rémunération qui aurait été reversée à la banque, au courtier ou au conseiller.

Une commission de surperformance peut également être prévue. Le gérant prélève alors une part de la performance obtenue au-delà d’un objectif défini dans le prospectus. Ce mécanisme mérite une attention particulière, car un fonds affiché à moins de 1 % de frais courants peut finalement coûter davantage lors d’une bonne année.

Des droits d’entrée ou de sortie peuvent aussi figurer dans la documentation. Leur montant affiché est parfois négociable, voire ramené à zéro par le distributeur. Il faut donc vérifier les frais réellement appliqués, et non se contenter du plafond indiqué.

Les frais ajoutés par l’enveloppe et l’intermédiaire

Une part clean share supprime les rétrocommissions intégrées aux frais du fonds. Elle ne supprime pas les autres frais liés à l’investissement.

Infographie montrant comment les frais de gestion réduisent la performance brute d’un investissement en unités de compte.
Les frais du contrat, du fonds et de la gestion déléguée peuvent réduire sensiblement la performance nette d’un investissement.

Dans une assurance vie ou un PER, trois couches de frais peuvent être prélevées chaque année sur la même épargne :

  • Les frais de gestion du contrat sont prélevés par l’assureur sur les unités de compte. Ils se situent généralement entre 0,50 % et 1 % par an.
  • Les frais de gestion des fonds rémunèrent les sociétés de gestion. Ils sont directement déduits de la valeur des fonds. Une clean share peut par exemple facturer 0,90 % par an.
  • Les frais de gestion déléguée ou de conseil rémunèrent l’intermédiaire qui sélectionne les supports et pilote l’allocation. Ils peuvent atteindre environ 1 % par an.

Ces frais se cumulent. Un fonds clean share à 0,90 % ne coûte donc pas seulement 0,90 % lorsqu’il est détenu dans un contrat facturant également des frais sur unités de compte et des frais de gestion déléguée.

Exemple avec 100 000 euros investis en unités de compte

Imaginons une performance brute de 7 % sur l’année, soit un gain de 7 000 € avant frais :

  • 0,60 % de frais de gestion du contrat représentent environ 600 €.
  • 0,90 % de frais de gestion du fonds clean share représentent environ 900 €.
  • 0,80 % de frais de gestion déléguée représentent environ 800 €.

Le coût annuel total atteint ainsi environ 2 300 €. La performance nette tombe autour de 4,70 % avant fiscalité, contre 7 % avant frais.

Le bon réflexe consiste donc à additionner les frais du fonds, du contrat et de la gestion éventuelle. C’est ce coût global qui réduit réellement la performance de l’épargnant.

Note : Les montants de cet exemple sont volontairement simplifiés. Le calcul exact dépend des dates de prélèvement, de l’évolution de l’encours et des conditions propres à chaque contrat.

Fonds clean share ou ETF, quelles différences ?

Les fonds clean share et les ETF ont un point commun important. Ils ne prévoient pas de rétrocommissions versées au distributeur. Pour le reste, leur fonctionnement est très différent.

CritèreFonds en clean shareETF
NatureCatégorie de parts d’un fondsFonds coté en Bourse
Mode de gestionActif ou indicielActif ou indiciel
ObjectifDépend de la stratégie du fondsDépend de la stratégie du fonds
RétrocommissionsAucune dans les frais de la partAucune dans les frais de gestion
NégociationÀ la valeur liquidative, généralement une fois par jourEn continu pendant les heures de Bourse
Frais à examinerGestion, transactions, performance nette, contrat et conseilGestion, transactions, courtage, spread et enveloppe
Dépendance au gérantDépend du caractère actif ou indicielDépend du caractère actif ou indiciel
AccessibilitéDépend de la plateforme, du contrat et du minimum de souscriptionLarge en compte-titres, variable dans les autres enveloppes

Deux différences ressortent principalement :

  • Les ETF affichent des frais plus faibles que les fonds traditionnels proposés en parts clean share, notamment lorsqu’ils suivent passivement un indice.
  • Les ETF sont cotés en continu en Bourse, alors que les parts clean share d’une SICAV ou d’un FCP sont achetées ou vendues à la prochaine valeur liquidative (calculée une ou plusieurs fois par jour).

La cotation en continu ne suffit toutefois pas, à elle seule, à expliquer l’écart de frais. Celui-ci tient surtout à la gestion indicielle, à l’automatisation, aux volumes importants et à la forte concurrence entre émetteurs. À exposition comparable, ces coûts plus faibles permettent à l’investisseur de conserver une part plus importante de la performance brute.

Précision utile : Un fonds en clean share peut être actif ou indiciel. De même, un ETF peut suivre mécaniquement un indice ou confier la sélection des titres à une équipe de gestion. La majorité des ETF restent néanmoins indiciels, tandis que les clean shares sont surtout proposées sur des fonds actifs traditionnels.

Où et comment investir dans des fonds clean share ?

Trouver une part clean share est parfois plus difficile que comprendre son intérêt. Le fonds existe, sa documentation est publique, mais la bonne catégorie de parts n’est pas forcément proposée par votre banque, votre courtier ou votre contrat d’assurance vie.

Le nom du fonds ne suffit pas. Chaque part possède son propre code ISIN, ses propres frais et parfois son propre minimum de souscription. Pour acheter une clean share, il faut donc rechercher la référence exacte et vérifier qu’elle est disponible chez l’intermédiaire choisi.

Investir via une assurance-vie ou un PER

Dans une assurance-vie ou un PER, l’épargnant ne peut pas acheter librement tous les fonds du marché. Il doit choisir parmi les unités de compte référencées par l’assureur.

Même les contrats en ligne réputés pour leurs frais réduits, comme Linxea Spirit 2 ou Lucya CNP, proposent principalement des ETF et des fonds traditionnels dans leurs catégories de parts destinées au grand public. Or celles-ci peuvent intégrer des rétrocommissions versées à l’assureur ou au distributeur.

Des frais de contrat faibles ne garantissent donc pas que les fonds sélectionnés soient eux-mêmes peu coûteux. En gestion libre, le moyen le plus simple de limiter les frais consiste généralement à privilégier des ETF diversifiés et peu chargés.

Pour investir dans des fonds actifs sans rétrocommissions, il faut rechercher un contrat référençant explicitement des parts clean share. Ces offres restent rares en assurance-vie et en PER. Goodvest fait partie des acteurs qui combinent des ETF et des fonds actifs en clean share au sein de portefeuilles pilotés (découvrir notre avis sur Goodvest).

Note : Les contrats d’assurance-vie luxembourgeois donnent permettent eux de référencer sur demande une part précise à partir de son code ISIN, donc les fonds clean share.

À noter : Les contrats d’assurance-vie luxembourgeois offrent une architecture plus ouverte. Ils permettent de référencer une catégorie de parts précise à partir de son code ISIN, notamment une part clean share.

Acheter une clean share sur un compte-titres ou un PEA

Le compte-titres ordinaire offre en principe le cadre le plus large pour détenir des fonds d’investissement. Encore faut-il que le courtier ait référencé la part recherchée et accepte le montant de souscription envisagé.

Le bon réflexe consiste à rechercher directement le code ISIN dans le moteur de recherche du courtier. Si aucun résultat n’apparaît, il est possible de demander le référencement du fonds. L’établissement reste libre d’accepter ou non.

L’approche de Prosper Conseil

À titre d’exemple, le cabinet Prosper Conseil exerce un conseil indépendant au sens de la directive MIF 2 et se rémunère exclusivement par des honoraires versés par ses clients. Le choix des placements n’est donc pas influencé par les commissions des sociétés de gestion, des assureurs ou des distributeurs.

Pour accompagner notamment des médecins, des entrepreneurs et des sportifs, le cabinet construit des allocations sur mesure combinant des ETF à faibles frais et, lorsqu’une gestion active apporte une réelle valeur ajoutée, des fonds en parts clean share. L’objectif est de limiter les frais à chaque niveau et de préserver la plus grande part possible de la performance pour le client.

L’accompagnement dépasse le seul choix des placements. La stratégie patrimoniale peut également intégrer les enjeux fiscaux, professionnels et successoraux. Lorsque la situation l’exige, Prosper Conseil coordonne les interventions de l’avocat, du notaire et de l’expert-comptable afin d’assurer la cohérence d’ensemble.

Notre avis sur les fonds clean share : faut-il investir ?

Les fonds clean share corrigent l’un des principaux défauts des fonds actifs traditionnels. Ils retirent les rétrocommissions qui alourdissent les frais sans améliorer la gestion du portefeuille.

Entre deux parts du même fonds, la part clean share est préférable à la part retail dès lors que les caractéristiques sont identiques. Elle donne accès aux mêmes gérants et aux mêmes investissements, avec une ponction annuelle plus faible.

Ce constat ne suffit pourtant pas à valider le fonds lui-même. Une gestion active moins chère reste une gestion active. Il faut encore vérifier que son approche justifie ses frais et qu’elle apporte davantage qu’un ETF comparable.

L’ETF reste le choix le plus solide pour les marchés simples

Pour investir sur les grandes actions mondiales, américaines ou européennes, les ETF conservent une avance difficile à combler. Ils sont peu coûteux, largement disponibles et simples à suivre.

Un fonds actif doit battre son indice après déduction des frais pour devenir réellement intéressant. La barre est haute, même avec une clean share. Une différence annuelle de 0,70 % ou 1 % finit par représenter une somme importante après quinze ou vingt ans.

Pour construire le socle diversifié d’un portefeuille, nous privilégierions donc les ETF. Ils évitent de dépendre du talent d’un gérant, de son départ ou d’un changement de méthode au mauvais moment.

Les clean shares gardent un intérêt dans certains marchés

La gestion active devient plus défendable lorsque l’indice disponible est mal construit ou lorsque le marché demande un vrai travail de sélection. Certaines stratégies obligataires, les petites capitalisations, les infrastructures ou des segments spécialisés entrent dans cette catégorie.

Dans ce cas, la clean share est la bonne porte d’entrée. Elle limite les frais inutiles et réduit le risque de conflit d’intérêts lié à la rémunération du distributeur. Il reste indispensable d’examiner la régularité de la gestion, l’ancienneté de l’équipe, la méthode suivie et les résultats obtenus face au bon indice de référence.

Notre avis est donc favorable aux clean shares, mais pas à n’importe quel prix ni pour n’importe quelle exposition. Elles constituent la meilleure version d’un fonds actif. Elles ne rendent pas automatiquement ce fonds meilleur qu’un ETF.

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